ARCHIVES 2000
10e édition du rallye

du 11 au 19 mai 2000

pour autorisation

par Pierre Dumas,

le Gazou-gazette

Toute reproduction
ou utilisation interdite
sans l’approbation de l’auteur

CONTENU : 

INTRODUCTION

ÉTAPE 1

ÉTAPE 4

ÉTAPE 7

PRÉPARATION

ÉTAPE 2

ÉTAPE 5

CLASSEMENT

LES ÉQUIPES

ÉTAPE 3

ÉTAPE 6

GALA


INTRODUCTION

Un total de 49 équipes participent à cette édition du dixième anniversaire. Parmi elles, 12 équipes québécoises, dont 3 finiront parmi les 10 premières et 2 autres dans les 20 premières ; 4 seront disqualifiées.

Une compétition de 8 étapes en 9 jours, dont une étape marathon de 2 jours. À cause de la chaleur et de la fatigue, celle-ci a dû être retardée d’une journée et la dernière étape a été annulée. Le rallye comme tel aura donc duré 8 jours et totalisé 1107 kilomètres de parcours, plus 197 km de liaison.


Le parcours

Un équipage très spécial, «l’équipage de la paix», est particulièrement riche en symboles puisqu’il associe une israélienne et une Palestinienne, deux comédiennes qui ont tourné ensemble dans «The Last Ennemy», qui a été présenté au centre Georges Pompidou les 18 et 19 mars derniers.

Pour la première fois, on admet les motos et les véhicules tout terrain ; les équipages en quads n’ont toutefois pas terminé l’épreuve.



Les Sylvie Émond et Morneau

Ce compte-rendu a été reconstitué à partir du journal de bord de Lyne Guérer et de données diverses glanées sur Internet et très particulièrement sur l’excellent site des Sylvie : http://membres.lycos.fr/emond/ , qu’on peut encore consulter.

Mentionnons aussi l’intéressant site http://cf.geocities.com/lesacolytes/, dont nous ne parvenons pas
à identifier les auteures et qui présente entre autres des photos originales des équipes québécoises.


PRÉPARATION

Pour fêter ses dix ans, le Trophée prend son départ médiatique le 6 mai en grande pompe à la Place du Trocadéro à Paris, face à la Tour Eiffel. Les équipes qui le désiraient sont ensuite parties en convoi jusqu’à Taourirt, au Maroc, qu’elles atteignent le 9 mai.

Le départ de Dorval
Photo : Lyne Guérer

Les québécoises sont pour la plupart arrivées à Orly le 4 mai au matin, ont pris un vol sur Grenoble pour aller chercher leur véhicule chez Jugand et poser leurs auto-collants.. Elles ont pris un bon gueuleton ensemble et se sont évidemment mises à chanter au restaurant ! Le 7 mai au soir, elles sont à Alméria, au sud de l’Espagne, pour prendre le traversier qui les laissera le lendemain matin de l’autre côté de la Méditerranée, à Nador. Liaison de 150 km jusqu’à Oujda, où tout le monde se retrouve à l’hôtel.

Les gazelles Dove Claude et Nathalie y rejoignent la troupe. Le lendemain matin, 9 mai, l’unique clé de leur véhicule est introuvable. Le MAA ouvre la portière mais la clé n’est pas à l’intérieur. On la retrouvera finalement dans la chambre, après plusieurs heures de recherche.

Déplacement en convoi jusqu’au premier bivouac, à Taourirt.  Il pleut des cordes. On repère le campement et toutes les québécoises se retrouvent à manger du poulet rôti au village.

L’Organisation intervient : impossible de demeurer au bivouac, qui est inondé ; pour vérifier le moral des troupes, il a même été frappé par une tempête de grêle ! Il faut coucher soit dans les véhicules, soit à l’unique hôtel, minable et qui est de toutes façons déjà plein. La plupart retournent se réfugier à l’hôtel de Oujda, à 1h30 de route, où il reste par chance des places. Il y en a même qui ont été hébergées dans la maison du gouverneur.

Le lendemain, 10 mai, tout le monde se retrouve au bivouac de Taourirt à 10 heures. La vie reprend son cours normal. Vérifications techniques, obtention des rations de l’armée pour les 9 prochains jours, installation de la balise Sarsat en cas de détresse, du radio VHF, obtention des fusées de détresse, de 4 plaques de désensablage, etc.

Le premier bivouac, à Taorirt
Photo : Lyne Guérer

Dans l’après-midi, ce sont les tests de navigation, l’étalonnage de l’odomètre, le plein d’essence, la vérification des auto-collants, les dernières instructions aux participantes.

Le bivouac est installé à Taourirt, pour le grand départ de demain. Mai comme on annonce encore de la pluie diluvienne dans le nord, tout le monde se déplace vers le second bivouac, plus au sud, à 4 heures de route. Mais ce bivouac n’était pas tout à fait prêt. Il n’y a pas de douches, le repas est servi à 10 heures du soir…


LES ÉQUIPES

Il y a 49 équipes au total, dont 12 québécoises ( entre parenthèses, leur classement final ) :
#   3 :    les Sylvie Émond et  Morneau ( 21 )
#   5 :    l’équipe Dove : Claude Boucher et Nathalie Fournier ( 4 )
#   7 :    l’équipe Bombardier Sophie Racette-Villeneuve et Raymonde Legendre, qui s’étaient classées
             respectivement 19e et 26e l’an dernier et qui en sont à la première de leurs 4 participations
             ensemble ( 10 )
# 15 :    les Guérer France et Lyne , à la première de leurs 3 participations ensemble ( 18 )
# 21 :    les Crépeau Catherine et Isabelle ( 19 )
# 25 :    les Julie Bélisle et Légaré ( hors-compétition )
# 28 :    Christine Campan et Maryline Lambelin ( 9 )
# 30 :    Josée Valiquette et Kalina Morin ( 31 )
# 39 :    les Annie Arseneault et -France Charbonneau  ( 
hors-compétition )
# 43 :    Martine Cyr et Anne Mills ( 
hors-compétition )
# 45 :    Martine Ducharme et Michelle Domon ( 
hors-compétition )
# 46 :    les Nathalie Allaire et  Allard ( 
hors-compétition )


ÉTAPE 1, jeudi 11 mai

87 km de liaison puis 88 km d’épreuve, de Taourirt à Bel Freïssat, 4 balises.

La tempête d’hier a retardé les vérifications techniques qui doivent être finalisées. Le départ est retardé de quelques heures et la longueur de l’étape est réduite.

Les essais d’hier se sont déroulés dans la plaine du nord-est marocain. Aujourd’hui, on débute par une liaison qui fait prendre de l’altitude jusqu’à 1200m sur le plateau désertique du Rekkam où, pour la galerie, est donné un départ spectaculaire, en ligne.

Pas de difficultés de terrain, à part quelques oueds à franchir. Très peu de relief et pas de repères. Il faut faire des arrêts fréquents pour la navigation.

L’équipe #5 de Claude Boucher et Nathalie Fournier domine chez les québécoises, avec une 7e place ; les Crépeau suivent en 8e, les Sylvie en 13e et Bombardier en 17e.

Les sœurs Guérer ont une initiation pénible. Départ après tout le monde, quelques balises de trouvées, mais pas les bonnes. On tombe sur la 4e, par hasard. Ce soir, Lyne a beaucoup de mal à comprendre pourquoi, diantre, elle est venue se compliquer la vie comme çà, au milieu du désert ; elle pense qu’elle est peut-être un peu découragée.


ÉTAPE 2, vendredi 12 mai

160 km, de Bel Freïssat à Zelmou, 4 balises.

La journée commence bien. On a une grosse demie-heure, de 4h à 4h30, pour défaire la tente et serrer le matériel. Puis petit-déjeuner et briefing à 5 heures.

L’altitude diminue et la température augmente. Toujours des plateaux semi-arides, mais avec un relief plus marqué. On peut choisir un parcours direct à la boussole, qui mène dans des endroits difficiles et nécessite de trouver les bonnes passes. Ou bien prendre des pistes plus faciles, mais qui font prendre beaucoup de kilomètres. L’étape est longue, le sable apparaît par endroits. On rentre dans le vif du sujet.

Les Sylvie sont parmi les premières à trouver une passe très difficile puis se perdent complètement en cherchant la 3e balise, qu’elles ne trouveront jamais.  Elles enlèvent les scellés de la radio et font appel à l’assistance. Les sœurs Guérer partent aussi en lionnes et sont dans les parages de la 3 vers 2 heures et rejoignent les Sylvie qui doivent expérimenter leurs plaques puis se faire remorquer. Vers 7h30, on rencontre un véhicule de l’Organisation qui leur conseille de les suivre. Sauf que les gars ne connaissent pas leur chemin, se perdent et ne savent plus quoi faire. Elles sont finalement retrouvées à 2 heures du matin et arrivent au bivouac à 5hres. Çà leur coûtera très cher,  près de 700 points à chaque équipe. La pire performance chez les québécoises. Et pas le temps de se laver. Il faut faire le plein d’essence et d’eau, faire sceller la radio et arriver  juste à temps pour le briefing de l’étape 3. C’est l’enfer. Un an et demi d’efforts pour en arriver là !

En fait, l’étape 2 a été catastrophique pour toutes les québécoises. Claude et Nathalie dominent toujours mais glissent en 17e ; Bombardier se maintient en 18e alors que Christine Campan et Maryline Lambelin accèdent au top 20, en 20e.


ÉTAPE 3, samedi 13 mai

151 km, de Zelmou à El M’Douara, 4 balises.

La journée commence très mal avec un tragique accident qui a coûté la vie à Yvon Bedague, de l’équipe de bénévoles du Trophée. Il était parti tôt ce matin pour installer des balises de la 3e étape. Il s’est endormi,  ne portait pas de ceinture de sécurité! La voiture a fait une embardée et plusieurs tonneaux. L'autre occupant, un de ses amis, s'en est tiré sain et sauf.

Le départ est retardé à midi et le parcours réduit à 3 balises ; les Sylvie et les Guérer pourront finalement prendre une douche et une heure de sommeil.

À midi, tout le monde se déplace lentement en convoi jusqu’au nouveau point de départ, à 80 km de distance. L’atmosphère est lourde. Finalement une très belle étape, malgré un soleil un peu chaud. Navigation exigeante, très beaux paysages sur les grands plateaux, un peu plus de sable, mais pas pour s’en rendre malade.

Les Sylvie ont dévoré ce parcours et réalisent le meilleur exploit québécois de la compétition,  avec seulement 1 point de pénalité et une  2e place au classement journalier. Les autres québécoises ont en général aussi fait une bonne journée : Claude Boucher et Nathalie Fournier montent en 10e, suivies de près de Sophie et Raymonde ( 12e ) puis de Christine et Maryline ( 13e ) ; dans les top 20, on retrouve aussi maintenant les Crépeau ( 16e ) et les Nathalie ( 17e ). 

À El M’Douara, le bivouac est situé dans un magnifique décor montagneux à proximité d'un autre décor... cinématographique celui-là !




M'Douara, site de tournage de la « Planète des singes »
Photo : Lyne Guérer

     


ÉTAPE 4, dimanche 14 mai

185 km, de El M’Douara à Tamegroute, 4 balises

Une très longue étape traversant de grandes plaines roulantes dans le désert aride, des zones de dunes et des montagnes entre lesquelles il faut trouver de magnifiques passes.

Une petite surprise en début de parcours : on doit passer par un point à 14,4 km du départ, mais le véhicule officiel ne s’y trouve pas et tout ce beau monde tourne en ronds et accumule des kilomètres. Les gazelles n’étaient pas tendres envers les organisateurs lorsque le véhicule est enfin arrivé!

Les 2 premières balises étaient faciles à trouver, mais la 3e était cachée derrière des dunes. C’est un véritable travail d’équipe qui s’est amorcé entre les équipes québécoises sur place, qui se sont toutes enlisées l’une après l’autre. À tour de rôle, elles ont pelleté et poussé les véhicules et sont arrivées toutes ensemble à cette balise de 70 points.

Les Nathalie ont fait une crevaison avant la 4e balise et passent la nuit dans le désert. Les Crépeau ont aussi goûté aux joies des crevaisons multiples. Les Guérer avaient fait 2 crevaisons hier, qui n’étaient pas réparées ce matin ; elles ont pris le départ et sont revenues chercher les pneus. Nouvelle crevaison avant la 1e balise ; elles rencontrent les Julie et rentrent par la grand route, au travers de magnifiques palmeraies.

Les Sylvie sont encore les meilleures québécoises, 4e au classement journalier et passent au 17e rang au cumulatif. Sophie et Raymonde dominent maintenant au 7e rang, suivies de Claude et Nathalie en 9e, les Crépeau en 10e puis Christine et Maryline en 11e.

Les Annie rentrent à 21 heures de leur étape d’hier !  Leur essieu a sauté et l’assistance n’arrivait pas.  Elles ont abandonné leur véhicule dans le désert.  L’Organisation est désorganisée.


Lundi 15 mai

L’Organisation est épuisée. L’équipe de recherche est épuisée : ce n’est pas bon pour la sécurité. Les gazelles sont épuisées : jamais couchées avant minuit, elles sont debout à 4 heures du matin. Il fera 56° dans les dunes. L’Organisation décide d’une journée de repos. La dernière étape est annulée.

On met en cause le nouveau règlement qui pénalise fortement les équipes qui ne sont pas entrées au bivouac avant 3 heures du matin. Auparavant, les équipes perdues couchaient à la belle étoile et rentraient d’elles-mêmes le lendemain, reposées. Maintenant, si elles ont quelque difficulté, elles font appel tôt en soirée à l’assistance technique afin d’être au bivouac avant 3 hres.

En attendant le briefing, les québécoises ont chanté tout leur répertoire. Après l’annonce de la journée de repos, plusieurs décident d’aller à Zagora, à 18 km du bivouac, où on retrouve les Guérer, les Crépeau, les Dove, Sophie et Raymonde autour de la piscine du Real Salam ; repas au resto de l’hôtel, dodo sur les chaises longues, baignade, re-dodo, re-baignade… les Gazelles grand luxe ! Retour au bivouac, en grande forme, à 20h.

«Dur, dur, la vie de Gazelles...»
Photo : Lyne Guérer


ÉTAPE 5, mardi et mercredi 16 et 17 mai

Étape-marathon de 180 km plus 70 km de liaison, de Tamegroute à Mhamid, 7 balises.

L’étape sera difficile. L’angoisse de passer la  nuit seules dans le désert, sans assistance mécanique. Puis demain, du sable, beaucoup de sable. Pour celles qui craignent les dunes, un parcours moins corsé, avec 100 points de pénalité. Les sœurs Guérer se sont ressourcées et sont d’attaque pour l’étape marathon. Avec les Dove, elles tenteront le tout par le parcours difficile.

La première journée est longue. Les québécoises s’étaient donné rendez-vous après la balise 3 pour passer la nuit dans le désert ensemble. Grâce à un contact établi par une équipe marocaine, elles se retrouvent toutes dans un merveilleux oasis où un vieux tout vêtu de blanc les accueille très chaleureusement. Elles profitent de l’eau fraîche de son puits pour se laver. Puis c’est  la fête autour du feu avec les rations de l’armée et le champagne fourni par l’Organisation. On campera dans la cour, avec les ânes et les biquettes.

Photo : Lyne Guérer

Mais le vieux marocain  réalise son erreur lorsqu’il doit subir une bonne partie de la nuit, autour du feu de camp, les chansons à répondre accompagnées aux cuillers, les gigues, les sets carrés en ceintures fléchées et les histoires de newfies converties en histoires de bédoins.  Finalement, c’était bien loin de la nuit de solitude et de souffrance qu’elles s’étaient imaginées, c’était beaucoup plus confortable qu’au bivouac et on n’était pas obligées de parler l’anglais de France !

Lever à 4 heures. La balise 4 n’est pas loin de l’oasis. Les Sylvie constatent que le niveau de carburant est très bas ; pas assez pour finir la journée, d’autant plus que les dunes seront de plus en plus nombreuses et hautes. Il en coûterait 200 points pour obtenir du carburant ; mais la rumeur court qu’il y aurait peut-être du ravitaillement à la balise 6. Ce n’est pas tout : un moment d’inattention et elles font un long vol plané. La frousse de leur vie. Pas de mal, mais la Land Cruiser a le capot écrasé, les portières ne ferment presque plus, le jerrycan de 20 litres d’eau s’est vidé sur les sacs à dos. À part de çà, Madame la Marquise, tout va très bien !

Et toute la journée, le soleil brûle la peau. Il fait jusqu’à 53°C. Au briefing, le médecin avait suggéré de porter un cheich mouillé avec de l’eau non potable. Mais après 2 minutes, le cheich est complètement sec. Et toute la journée, ce sont les désensablages entre équipes de gazelles, qui finiront pour la plupart par s’épuiser complètement.

Mais voilà la balise 6, juste en face, bien installée entre les dunes. Et Vlan! Panne sèche juste au sommet d’une dune, où le véhicule s’enlise et pas à peu près. Les Sylvie sont épuisées. Elles demandent l’assistance pour du carburant et pour rentrer au bivouac. L’organisation refuse et leur dit d’aller chercher un bidon à la balise 6, qui n’est qu’à 1 kilomètre. C’est impossible, c’est surhumain. Impensable de marcher un kilomètre et de revenir, en plus, avec un bidon à bout de bras. Et il n’y a plus d’eau. Après de longs pourparlers, une équipe vient leur porter du carburant et les aide à se désensabler. Une chance que c’était le parcours facile!

Parties les dernières de la palmeraie, les Guérer avaient facilement passé les balises 4 et 5 et ont été les premières à atteindre la 6, bien cachée dans les dunes. Puis le vent se lève ; on n’y voit pas à 20m, on ne peut prendre le cap. Elles rencontrent les Dove et décident de faire route ensemble ; on avait tourné et cherché pendant 6 heures. Les Dove se sont enlisées, une roue ne touchait pas à terre ; le ballon des Guérer a permis de soulever le véhicule et d’insérer les plaques. Puis les Guérer ont crevé et se sont fait offrir un pneu de secours. Et finalement, Lyne, debout sur le toit de son véhicule, a finalement entrevu la 7e balise. On pointe au bivouac à 19h30 ; on a le temps de se doucher et de bien manger avant un repos bien mérité.

Lyne est réconciliée avec la formule. Elle a trouvé l’étape extraordinaire. La misère, la merde, le trouble, c’est finalement super, quand on est winner ! Autrement, juste pour le dépassement de soi, c’est démoralisant ! Et elle est très fière de sa sœur France, qui s’avère une excellente navigatrice.


Les sœurs Guérer : 7 balises sur 7 
Photo : Lyne Guérer

 


 

Plusieurs équipes québécoises se sont fait valoir dans cette étape.

Les Dove, Claude et Nathalie, ont été les meilleures et se sont hissées en 5e place au cumulatif.

Les sœurs Guérer étaient fières d’avoir secoué leur léthargie et ont obtenu la seconde meilleure performance, ce qui les fait passer en 21e.

Sophie et Raymonde ont perdu 400 points et reculent un peu, en 10e, devancées par Christine et Maryline, qui accèdent au top 10, en 9e.

Les Sylvie  et les Crépeau perdent plus de 700 points et glissent respectivement aux 23 et 19e rang.

Martine Ducharme et Michelle Domon ainsi que les Julie sont éliminées.


Les Julie : Julie Bélisle et Légaré


ÉTAPE 6, jeudi 18 mai


148 km, de Mhamid à Tazarine, 5 balises.

Au départ,  40 km de liaison par la route pour retrouver les pistes et le sable. Pas de grosses difficultés en début d'étape et un grand plaisir à conduire sur des pistes confortables dans des décors de cinéma. Il faut ensuite trouver les bonnes passes qui mènent à de grandes étendues roulantes où on peut filer au cap vers le bivouac, que bien peu atteindront toutefois avant la nuit.

Les 3 premières balises se passent assez facilement, puis çà se gâte quand le vent se lève. Lyne a l’endormitoire et France prend tout en mains : la carte, la boussole et le volant ; elle est dans son élément  ; elle y prend beaucoup de plaisir.

À la 4e balise, les Sylvie croisent le convoi de Land Rover blanches du Rallye-accompagnateurs. Elles ont la grande surprise d’en voir sortir leur père et leur chum, qui se trouve à être la même personne, Fernando. Plus tard au bivouac, après la douche, ce sera le repas des retrouvailles.

La journée aura été bonne pour les québécoises, sauf pour les Crépeau qui glissent du top 20. Les Sylvie y reviennent, en 20e, alors que les Guérer y accèdent, en 17e. Christine/Nathalie et Sophie/Raymonde conservent leurs 9 et 10e positions alors que Claude et Nathalie gagnent une place, en 4e. Martine Cyr et Anne Mills sont hors-compétition.


ÉTAPE 7,  vendredi 19 mai


195 km, de Tazarine à El M’Douara, 3 balises.

Enfin la dernière journée. On a prévu une étape plus courte et sans trop de difficulté pour que toutes puissent rentrer tôt et participer à la fête prévue en soirée. Et aussi, pour celles qui occupent le fond du classement, d’avoir peut-être le plaisir de trouver, enfin, toutes les balises.

Un début de parcours varié,  dans de grandes étendues au pied de spectaculaires dunes qu’il faut franchir, suivies de barrières rocheuses. Beaucoup de couleur et de relief. Le désert à son plus beau.

À l’endroit prévu pour la balise 1, il y a l’hélicoptère, des véhicules officiels, mais pas de drapeau. Un peu plus tard, un autre véhicule arrive et on installe le drapeau.

Les filles sont fatiguées. Au milieu de l’après-midi, les Sylvie, les Guérer ( qui ont eu plusieurs crevaisons ) et les Nathalie n’ont plus la patience de chercher la 2e balise et rentrent au bivouac. Elles ne le regretteront pas, car aussitôt qu’elles y parviennent, un mur de sable apparaît. On se réfugie dans les véhicules. La tempête est violente. L’énorme tente principale cède et s’écrase. On abandonne le camp et on part en convoi pour passer la nuit dans un hôtel d’Erfoud. Le Rallye se termine comme il a commencé : dans la tempête et la confusion la plus totale !

Les Guérer avaient eu la très grande surprise, en arrivant au bivouac, d’y trouver leurs gazous. Elles leur ont raconté leur aventure. France a été très forte et n’a craqué que cet après-midi, alors qu’elle voulait encore foncer quand que les autres abandonnaient. Lyne a de la difficulté à se positionner par rapport à la course ; elle a par contre eu de grandes leçons d’humilité et de solidarité ; c’est France qui l’a menée à la ligne d’arrivée. Une chose est certaine : elle est venue, elle l’a vécu, mais elle ne se fera plus prendre dans de telles folles aventures.

Mon œil ! Lyne sera avec France sur la ligne de départ en 2002 et en 2003. Et on retrouvera Lyne la pro, en 2005, comme co-équipière de la novice anglaise Arlene Winter ! Et on la verra escalader le Kilimanjaro ; et on la retrouvera sur le raid Vitel-Amazone ; et elle sera de la seconde édition de la Transafricaine…


CLASSEMENT FINAL

L’équipe française Rochambelles, composée de Laurence Canarezza et Magali Le Hérissé, remportent la victoire, à sa première participation. Les organisateurs attendaient probablement une équipe plus prestigieuse ou plus expérimentée, car leur victoire ne semble pas avoir été saluée à la mesure de leur performance et elles se sont senties un peu privées de la joie de leur victoire.

Claude Boucher et Nathalie Fournier conservent leur 4e position et sont les meilleures québécoises.

Christine/Maryline et Sophie/Raymonde conservent leurs 9e et 10e positions. Les Guérer et les Crépeau sont aussi dans le top 20, en 18e et 19e. Les Sylvie sont en 21e, Josée/Kalina en 31e et les Nathalie en 32e. Les 4 autres équipes sont hors-compétition.



Claude Boucher
et Nathalie Fournier


LE GALA et remise des prix - Fès

Samedi le 20 mai, on forme une caravane pour traverser les contreforts du Haut Atlas et la chaîne du Moyen Atlas. On fait une arrivée officielle à Fès avec tambours et trompettes. On à droit à une chambre d’hôtel au Sheraton, avec une vraie chambre de bains, s’il vous plaît. Le grand luxe.

En soirée, dans les jardins, ce sera le grand gala. Chaque gazelle monte sur scène, se présente, commente la compétition, remercie ses commanditaires ( ou ses sponsors, pour les françaises ), reçoit sa précieuse médaille.

Puis c’est la fiesta pendant une partie de la nuit.  Ce sont évidemment les québécoises qui se sont distinguées sur le plancher de danse.

Raymonde Legendre et Sophie Racette-Villeneuve reçoivent la plus belle distinction de la soirée, celle de « l’équipe la plus sympathique », ce dont elles sont légitimement fières.


Dominique Serra,
Sophie Racette-Villeneuve et Raymonde Legendre
Photo : Lyne Guérer


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