ARCHIVES 2003
13e édition du rallye

Du 17 au 24 avril

pour autorisation

par Pierre Dumas,

le Gazou-gazette

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ou utilisation interdite
sans l’approbation de l’auteur

CONTENU :

INTRODUCTION

ÉTAPE 1

ÉTAPE 4

COMMENTAIRES D'ANNIE

LES PRÉPARATIFS

ÉTAPE 2

ÉTAPE 5

LES GALAS

LES ÉQUIPES

ÉTAPE 3

CLASSEMENT

ÉPILOGUE

 

INTRODUCTION

En juin 2003, Geneviève Prévost a appelé ma fille : « Annie, j’ai décidé de faire le Rallye des Gazelles. De toutes les filles que je connais, tu es la seule qui est convaincue qu’il y a toujours une solution à un problème et qui ne lâche pas avant de l’avoir trouvée et ensuite de trouver la façon la plus simple et la plus rapide de l’appliquer. Tu ferais une navigatrice redoutable ».

 

« J’y pense et je te rappelle d’ici deux jours ».

 

Une demi-heure après, Annie rappelait « Geneviève, on y va et on le gagne ».

 

Elles m’ont demandé de suivre la course et de préparer des compte-rendus quotidiens à faire parvenir aux parents, amis, supporteurs et commanditaires. Ce texte est une compilation intégrée, corrigée et augmentée de ces compte-rendus.

 

La 13e édition

 

Pour cette 13e édition, le « Trophée Aïcha des Gazelles » devient le « Rallye Aïcha des Gazelles ». Il se déroule du 17 au 24 avril 2003, au Maroc.

 

Les motos et les Quads ont maintenant leur classe à part, laissant les 4x4 compétitionner entre eux.

 

Il y a aussi une nouvelle catégorie de véhicules, les VSU ( Véhicules sports utilitaires ), que les français appellent évidemment les SUV ( Sport Utility Vehicles ). Ils coursent sur un 4e parcours, plus facile.

 

 

Le parcours de cette année totalise 1038 km calculés en ligne droite, compte tenu de l’étape 6 qui a été annulée afin d’insérer une journée de repos. Il y aura donc 5 étapes en 8 jours, avec un repos après la 5e journée.

 

LES PRÉPARATIFS

Depuis dix mois qu’elles se préparent : entraînement sportif intense, cours d'orientation, de mécanique et de conduite dans le sable, préparation mentale, organisation, recherche de partenaires financiers…

 

Elles arrivent à l’aéroport Charles de Gaulle lundi matin le 7 avril, plusieurs jours avant les autres gazelles. Elles récupèrent le matériel qui était arrivé par cargo. Douze valises à transporter. Elles doivent prendre leur véhicule chez Jugand, à Albertville. Ce sont eux qui assurent l’entretien mécanique au bivouac ; presque toutes les québécoises louent leur véhicule chez eux.

 

TGV jusqu’à Lyon. Surprise : elles ne peuvent prendre le train avec plus de 2 valises chacune !    Elles veulent acheter des places assises pour 3 valises qui seraient elles-mêmes accompagnées de deux autres valises chacune. Non! ce n’est pas permis !  Il faut prendre le car, mais pour Chambéry, puisqu’il ne se rend pas à Albertville.

 

La Mitsubishi L-200 avec différentiel barré avait été réservée depuis plusieurs mois. Mais c’est une Toyota avec différentiel partiellement barré qu’on leur propose !  Malgré la réservation, le dépôt déjà versé et leurs protestations, il est trop tard pour corriger l’erreur : il n’y a plus de Mitsubishi à louer ! Annie et Geneviève prennent donc la décision d’aimer leur Toyota comme si c’était leur choix, en se disant que finalement ce n’est pas la marque du véhicule qui fera la différence : « on chialera si ça va mal avec la Toyota dans le désert, mais on L'AI-ME-RA ! ».

 

Jusqu’à vendredi matin, elles demeurent chez des amis près de Carpentras et récupèrent complètement du décalage horaire.  Elles en profitent pour faire les petits achats, organiser l’équipement et se familiariser avec la conduite du véhicule.

 

Vendredi, elles se déplacent lentement vers Sète, le point de ralliement des équipes. La plupart des autres québécoises ont quitté Montréal hier soir, sont arrivées à Paris ce matin, ont récupéré leur véhicule au début de l’après-midi et arrivent exténuées à Sète.

 

Samedi, c’est la rencontre des équipages,  les vérifications administratives et techniques, la pose des autocollants des commanditaires sur les véhicules, etc.

 

Dimanche le 13 avril, après la cérémonie officielle, c’est l’embarquement sur le Marrakech qui fait la navette entre Sète et Tanger : 36 heures de traversée en Méditerranée, le long des côtes espagnoles. Débarquement mardi matin et un petit 9 heures de route jusqu’à Erfoud, où on logera à l’hôtel pour la dernière fois. Mercredi, tout le monde déménage au bivouac de Neijakh :  préparatifs, étalonnage des compteurs et briefing général.

 

LES ÉQUIPES

Il y a cette année 64 équipages inscrits en 4x4, dont 40 sont des novices.  Ils sont répartis sur 3 parcours différents.  Du total, 16 équipages sont québécois, dont 11 novices.

( rang au classement général - rang chez les novices ( NA si non applicable )
- rang chez les québécoises ) : 

 

#107   Sofitel : Sophie Racette-Villeneuve et Raymonde Legendre, qui en sont à leur 5e participation. Elles sont très fortes mais ont toujours joué de malchance et n’ont jamais gagné. Elles y vont pour l’Or mais auront encore une malchance( 6-NA-4 )

 #110   Henri Linné/Resto Magnan : Manon de Arburn et Diane Gauthier ; Manon s’était classée 35e l’an dernier, avec Josée Depuis ( 22-NA-10 )

 #115   Manuvie : les sœurs France et Lyne Guérer, qui en sont à leur 3e participation ; l’an dernier, elles étaient 8e sur 47 ( 9-NA-6 )

 #116   FAM : Nathalie Bellier et Diane Martin ( 27-11-11 )

 #118   Claritin Liberator : France Senécal et Sophie Deraspe ( 5-2-3 )

 #119   Québécor World/Lavazza :Bhodana Zwonok et Maryse Lafitte  ( 40-8-13 ) 

 #120   ING : Ghislaine Beaucage et Chantal Vézina, qui se sont classées 36e l’an dernier ( 43-NA-14 )

 #131   Katia Delorme et Christine Chouinard ( 21-8-9 )

 #132   Équipe Québec : Geneviève Prévost et Annie Dumas, qui auront le Bronze ( 3-1-2 )

 #134   Aliaco : Marie-Noëlle Francoeur et Annie Leroux ( 16-7-8 )

 #145   Antoine Laoun : Stéphanie Galipeau et Joëlle Gauvreau ( 7-3-5 )

 #147   2Gazelles : Huguette Coggan-Gagnon et Murielle Martin ( 61-37-16 )

 #148   Cité Nissan : Karine Luys et Julie Blouin ( 12-5-7 )

 #150   Cima+ : Jocelyne Bourdon et Lise Lecours ( 48-25-15 )

 #155   Aldo : Marie-Claude Masson et Nathalie Skrzypczak ( 36-15-12 )

 #158   Carpedia.com : Marie-Pierre Juneau et Francine Plante, qui ont remporté le Bronze l’an dernier. Elles y vont pour l’Or et auront l’Argent  ( 2-NA-1 )

Autres équipes à mentionner : 

#106    Métropole : Christiane Girka et Isabel Beaumont. Christiane avait terminé 6e l’an dernier et elle y va aussi pour l’Or  ( Elle l’aura )

 #111   Jeep France : Véronique Tirebois et Dany Bernard. Elles avaient eu une 5e l’an dernier ( et elles auront une 4e cette année )

 #117   Mercedes : la princesse espagnole Clara Moreno de Borbon et Isabel Montero. Clara avait gagné l’Or à sa première participation en 99 et veut rééditer ; les caméras sont sur elle. ( Elles débuteront en lionnes et termineront 11e )

Quads

Il y a une seule équipe québécoise :

#20     Bombardier/Monde du VTT : Karine Saint-Jean et France Trottier sur un Quad à 2 places ( elles devront abandonner à cause de la défaillance de l’odomètre )

 

et trois équipes françaises :

#21 :   France Gimenez et Patricia Poncet, qui avaient gagné l’Argent l’an dernier en Quad, qui compétitionnaient alors avec les 4x4 ( elles auront l’Or dans leur catégorie )

#22     Quad Évasion  ( qui prendra la  3e place )

#23     Nana : Carole Montillet et Mélanie Suchet, les championnes de ski, qui en sont à leur première participation ( elles auront l’Argent cette année puis l'Or en 2004 et 2005 )

 

 Si plusieurs formations, dont Équipe-Québec et Sofitel, ont le podium comme point de mire, les intentions des deux grands-mamans de l'équipe 2Gazelles sont plus modestes. «Rendues à notre âge, on va aller se dépasser à chaque jour et on va s'amuser», indique Murielle Martin. Ça prend juste une gazelle pour prendre plaisir à régler une surchauffe de moteur, à désensabler sa voiture ou à se perdre dans le désert. ( Jean-Patrick Balleux, Radio-Canada )

 

ÉTAPE 1,  jeudi 17 avril

Une boucle de 120 km autour de  Neijakh.  Mise en route en douceur pour la conduite dans le sable mais un plongeon au cœur du jeu : la navigation. Le début du parcours s'infiltre dans des méandres montagneux, qui demande une bonne lecture des cartes, une certaine connaissance des capacités de franchissement du véhicule et un goût prononcé pour les déserts de pierre. Puis l'espace s'ouvre sur de grandes plaines roulantes où le pilote peut enfin se lâcher, pendant que la navigatrice garde l'œil rivé sur le compas.

 

Les gazelles ont trouvé qu'e c’était une mise en jambes plutôt musclée !  La température a oscillé autour de 43 degrés au plus fort de la journée. « C'est très difficile pour une première étape. Je suis très inquiète et désolée pour les nouvelles gazelles. Je suis une ancienne et j'ai bûché toute la journée sans avoir une once de plaisir.» s'est exclamée Raymonde Legendre qui, avec Sophie Racette-Villeneuve ( Sofitel #107 ) en sont à leur cinquième participation et remportent cette étape.

 

Les médaillées de bronze de l'an dernier, Marie-Pierre Juneau et Francine Plante, sont la deuxième équipe québécoise et troisièmes au classement général.

 

Geneviève et Annie n’étaient pas encore entrées à 23h30 et ont probablement passé la nuit dans le désert. Elles ont raté une balise, la seule qu’elles rateront de tout le Rallye. Mais elles sont néanmoins la troisième équipe québécoise,  dixième au classement général. C’est un départ très encourageant pour Équipe Québec  !

 

ÉTAPE 2,  vendredi 18 avril

Une autre boucle autour de Neijakh, de 138 km.  Mais cette fois, on joue dans le sable en début d’étape, sous une température frôlant les 40 degrés.  « De toute façon, mieux vaut garder le sourire. Mais lorsqu'on se tanke plusieurs fois de suite, ça n'est pas toujours évident » (Nathalie Bellier, #116).

 

Pour se sortir du sable, les gazelles québécoises disposent d’une arme que n’ont pas les françaises : des chenilles de motoneige, qui sont faciles à installer, épousent la forme du terrain et sont beaucoup plus efficaces que les longues plaques de désensablement des françaises, qui exigent de creuser de longues tranchées à pente constante dans le sable.  En plus, Geneviève et Annie sont les seules à avoir un immense matelas qui peut se gonfler avec les gaz d’échappement et soulever complètement un véhicule!

 

Et une fois dégagées des pièges de sable, il faut repartir à la recherche des balises cachées. Certains équipages tournent en rond à quelques centaines de mètres du drapeau rouge, sans jamais le voir. « L'année dernière, certaines balises étaient visibles à 2 kilomètres mais sur cette édition, l'organisation les a vraiment cachées. Je plains les petites nouvelles ». (France Guérer, #115). 

 

À 10h40, Équipe Québec a déjà pointé la 2e balise. À 16h, elle est parmi les 13 équipes qui avaient déjà pointé la 4e balise et à 21 heures, elle est parmi les 36 qui sont déjà entrées au bivouac.

 

Seulement 12 équipes ont réussi à trouver les 6 balises de l’étape, dont Équipe Québec, qui se place encore au 10ième rang, avec 29 points ( écart de 29 km par rapport à la ligne droite ).

 

Au total des 2 étapes, #107 Sofitel  et #158 Carpediem dominent le classement général.  Équipe Québec est 8e au classement général et prend la tête des novices québécoises.

 

ÉTAPE 3,  samedi 19 et dimanche de Pâques 20 avril

Une longue étape marathon de 305 km en 2 jours, avec 10 balises à pointer, sans bivouac ni assistance mécanique le soir. La première partie, dans les terribles dunes de Merzouga, avec leurs 250 mètres, est qualifiée de très difficile.  La 6e balise, située au km 110 le long de la route Erfoud/Agdz, permet le ravitaillement en essence et précède une longue section dans le sable, avec peu de relief. Les gazelles voudront  absolument y pointer avant la fermeture au coucher du soleil, pour tenter de s’approcher doucement de la 7e balise  en profitant de la presque pleine lune qui se lèvera un peu plus tard en soirée.

 

Dans les dunes, les gazelles ont le droit à une sorte de joker : après la balise 1, elles peuvent aller chercher une balise 2 difficile, au milieu des dunes, ou prendre la balise 2 facile, en contournant, et écoper d’une pénalité de 250 points.

 

«Nous avons essayé pendant trois heures d'atteindre la balise difficile», a relaté Annie à Radio-Canada. « Nous nous sommes rendues à l'évidence qu'il fallait reculer, car la dune était beaucoup trop haute et le sable trop mou». « Dans les dunes, il y avait partout des voitures ensablées » raconte Geneviève.  « Finalement, nous avons dû abandonner, c'est rageant, nous n'étions plus qu'à 500 mètres de la balise mais elle était vraiment inaccessible ».

 

Et là, attention. À 17 heures GMT ( heure du rallye ), seulement 10 équipes avaient franchi la balise 4 et s’approchaient de la 5, et pouvaient donc avoir bon espoir de pointer la 6 avant le coucher du soleil … dont Équipe Québec ! À19h, Radio-Canada annonce qu’Équipe Québec avait bien progressé et pointait la sixième balise en troisième position. Quant à la majorité des autres équipes, elles devaient coucher loin en arrière.

 

Geneviève et Annie passeront donc leur première nuit seules dans le désert sachant que le pire de cette étape est derrière elles.  Au hasard de leurs préparatifs en Provence la semaine dernière, elles ont acheté une bouteille de muscat à Beaumes-de-Venise, qu’elles s’étaient proposé d’ouvrir pour fêter Pâque : c’est sucré, délectable et, contrairement au chocolat, ça ne fond pas  !.

 

Apparemment, ce Muscat est bien mérité cette nuit…Joyeuses Pâques les filles !

Dimanche

À 9h45, #132 vogue allègrement en tête et approche déjà de la 8. Elles sont entrées au bivouac en après-midi et avaient pointé toutes les balises, sauf le joker. À 22 heures du soir, seulement 13 équipes étaient au bivouac.

Les femmes sont séparées des enfants

C’est ce que concluait Jean-Patrick Balleux, de Radio-Canada, au terme de la troisième étape qui s’est révélée une véritable hécatombe.

 

Une seule équipe, #106 Métropole ( avec « Cric » Girka ) a pointé toutes les balises avec le joker. #107 Sofitel a passé toute la journée d’hier dans les dunes à dépanner les autres et n’a jamais atteint la balise difficile. Elles ont quand même pu compléter l’étape avant la tombée de la nuit et conservent la tête du classement général, avec seulement 12 points d’avance. #158 Carpedia glisse au troisième rang, 93 points derrière #106.

 

Équipe Québec est  en 7e  place de l’étape avec 384 points et 50 équipes ont plus de 600 points.  Au classement général, elles passent au cinquième rang et demeurent les seules autres québécoises dans les Top 10. Elles sont loin en tête des 40 équipes novices du Rallye :

Résultats cumulatifs après 3 étapes : 

 

Rang

Équipe

Nom

Origine

Participations

Points

1

107

Sofitel

Québec

5

228

2

106

Métropole

France

3

240

3

158

Carpedia.com

Québec

3

333

4

111

Jeep France

France

4

397

5

132

Équipe Québec

Québec

1

576

6

117

Mercedes

Espagne

2

660

7

162

Eurosport

France

2

709

8

104

Total/Fina/Elf Recherche

France

1

826

9

125

TBS Avia

Suède

1

844

10

157

Toyota

France

6

879

11

148

Cité Nissan

Québec

1

914

12

145

Antoine Laoun Opticien

Québec

1

925

 

 

« Au cours des prochains jours, il faudra surveiller #132 Équipe Québec et #148 Cité Nissan qui ont très bien fait depuis le début de l'aventure », conclut Jean-Patrick Balleux, de Radio-Canada.

 

ÉTAPE 4,  lundi 21 et mardi 22 avril

Une très longue étape de 295 km avec 9 balises, sur une journée et demie, jusqu’à mardi midi. Puis départ à 14 heures pour une autre étape longue jusqu’à mercredi soir.

Les véhicules et équipages étaient tellement amochés que le départ a été retardé de une heure. Annie et Geneviève rongeaient leur frein, car elles étaient prêtes et fringantes à 6 heures. Et aujourd’hui, elles dévorent littéralement les balises. À 14 h 50, elles sont loin en tête et les seules à avoir déjà pointé la 6.

Dans la soirée, il y a une bonne tempête de sable et à 19 h 30, Équipe Québec et #162 avaient  établi leur bivouac en tête de file, à la balise 8.

  • #111 et #148 s’étaient jointes à elles à 20 heures

  • #145 et #158 étaient entre la 7 et la 8

  • #125 était à la 7

  • #104 et #157 après la 6

  • #117 à la 6

  • on n’a pas eu les positions de 106 et de 107 de toute la journée.

La course est donc loin d’être terminée !

Mardi matin, en se levant, elles voient à 20 kilomètres au sud-ouest, en plein centre du tracé, un grand cratère de 15 kilomètres de large et 5 kilomètres de long. La contourner donne 60 kilomètres jusqu’au CP 9 alors que le tracé est de 50 kilomètres en ligne droite.

Et là, je pense que vous avez tous deviné avant même qu’on vous le dise. Qu’est-ce qu’on voit à 8 h 30 ? Geneviève et Annie cheminent en plein centre alors que #111, 145, 148, 158 et 162  contournent. Les Gazelles volantes !  Un petit 10 points qui peut faire gagner l’étape.

À 10 heures, les équipes québécoises #132 Équipe Québec, #148 Cité Nissan et #158 Carpedia.com ainsi que les équipes françaises #111 Jeep France et #162 Eurosport sont seules en avant du peloton et se rejoignent à la balise 9.

 

Carpédia fait une crevaison. Équipe-Québec, qui est à côté, leur prête leur ballon gonflable pour monter le 4x4. À 10 kilomètres au sud-ouest, le bivouac, la douche, un bon repas, le radoub du véhicule.  Elles devraient y être de bonne heure, leur laissant amplement le temps de se rafraîchir avant de prendre le départ de la prochaine étape à 14 heures. Ce ne sera pas le cas de la plupart des équipages, qui sont encore en arrière de la 8e.

 

Mais en face d’elles, majestueux et menaçant, l’oued Dra coule vers le nord.  Il a beaucoup plu la semaine dernière : il est humide et de grandes plaques miroitent au soleil. On joue de prudence, on cherche le meilleur passage à pied, on avance lentement les véhicules. Finalement, Équipe Québec, Cité Nissan et Carpedia pointent au bivouac à 13 h 15. Elles jettent un regard en arrière : il y a des véhicules partout dans l’oued ; le #145 y est encore.  Et 30 autres véhicules n’ont pas encore atteint la 9. Quelques uns ont abandonné à la balise 6 et atteindront bientôt le bivouac par la route.

 

Mais il faut faire vite : la prochaine étape commence dans 45 minutes ; elle se termine demain soir et est qualifiée de la plus difficile du rallye, avec un beau petit 100 km de belles dunes de sable pour se mettre en appétit, en débutant.

Classement

Les résultats montrent peu de différences par rapport au classement après la troisième étape. On a vu que toutes les équipes dominantes étaient ensemble en avant du peloton. Ce qui ne signifie pas que les équipes en arrière soient en difficulté ; en effet, le temps ne compte pas et seuls les écarts de distance par rapport à la ligne droite entraînent des pénalités, et aussi, évidemment, le fait de louper une balise. C’est ce qui est arrivé à #107 Sofitel qui a fait une crevaison et qui s’est présentée 7 minutes après la fermeture de la 9e.

 

«Cette année, les distances sont très longues et elles nous obligent à accélérer le rythme pour pouvoir terminer les étapes. Il nous faut prendre des choix stratégiques dès le départ et, pour la première fois, le temps devient un élément avec lequel nous devons composer» a déclaré Sophie Racette-Villeneuve à Radio-Canada.

 

Et à ce chapitre, on a vu que nos gazelles ne sont pas en reste. Finalement, Sofitel a glissé du premier au quatrième rang, les trois autres ont avancé d’un cran et Équipe Québec demeure en cinquième place, évidemment toujours en tête des 40 équipes novices.

 

Les premières sont à 286, Équipe Québec en cinquième à 666 et les dixièmes à 1008.

 

Tout peut arriver.

L’étape 5 est retardée de 24 heures et l’étape 6 est annulée

Comme la tempête de sable qui s’est levée hier après-midi n’est toujours pas calmée, comme il faut réparer les équipages et faire reposer les véhicules, comme des équipes continuent à entrer à 18 heures, le départ de l’étape 5 est reporté à demain midi et elle se terminera jeudi soir.  Et probablement pour se faire pardonner une compétition jugée beaucoup plus difficiles que d’habitude, l’organisation transforme la tente-restaurant en boîte de nuit et on y fait ce soir la fête.  Et à cause de ce report de 24 heures, l’étape 6, qui devait avoir lieu jeudi, est annulée et les équipes rentreront à Marrakech vendredi, comme prévu.

 

Geneviève et Annie sont déçues car même si elles apprécient ce repos, un départ selon l’horaire officiel leur aurait donné de grandes longueurs d’avance sur un grand nombre d’équipes. De plus, l’étape 6 étant annulée, il reste beaucoup moins de jeu pour séparer encore plus les femmes des enfants.

 

Il reste une longue et très difficile étape.  Le podium n’est pas impossible… Allez les filles, on fonce.  On est capables !

 

ÉTAPE 5,  mercredi 23 et jeudi 24 avril

Une autre longue étape d’un jour et demi, sur 180 km, de Mhamid à Foum-Zguid, avec 8 balises.

 

Cette cinquième et décisive étape est la plus difficile du rallye.  Dès la balise 2, les dunes sont costaudes.  De la 3 à la 6, sur 44 kilomètres, elles sont immenses ; les plus hautes et les plus dures meurent subitement, à la balise 6, dans un grand lac asséché où les véhicule peuvent glisser sans bruit et sans secousses. La fin du parcours, sur 75 kilomètres, ne présentera désormais plus de difficultés importantes.

« Pour l'ÉQUIPE QUÉBEC, de Annie Dumas et Geneviève Prévost, la dernière étape sera l'occasion de grimper encore au classement général où les filles sont pour l'instant cinquièmes. «Nous n'allons pas courir le risque de perdre notre place, mais nous allons tout faire pour nous faufiler sur le podium» a dit Annie, dont il s'agit de la première participation » ( Jean-Patrick Balleux, Radio-Canada, 23 avril ).

 

Fidèles à leur habitude, les gazelles volantes sont les premières à atteindre la balise 3,  4 heures après le départ.  La suite est infernale. À 20 heures, elles montent leur tente, seules au sommet d’une immense dune, à 6 kilomètres de la 4.  Au réveil, le spectacle est époustouflant : la lune dans son dernier quartier est au zénith et sa lumière froide accentue le relief des dunes, qui s’étendent à perte de vue ; le soleil levant inonde de chaleur les neiges au sommet des monts Atlas, à plus de 2000 mètres d’altitude, au nord-ouest,. Mais assez rêvé, il faut profiter au maximum de la fraîcheur relative de cette fin de nuit, alors que le sable est moins coulant, pour se sortir de ces damnées dunes.

 

C’est encore plus pénible qu’hier mais à 9 heures, elles ont déjà dépassé la 5 et croisent leurs rivales en deuxième et troisième place ( Carpedia #158 et #111 ), qui ont fait une très grande boucle par l’ouest, en passant même au delà de la 6, pour éviter les dunes entre 4 et 5 ; c’est une cinquantaine de points de perdus pour elles, mais elles ne voulaient pas risquer le podium en jouant dans les dunes.

 

Annie et Geneviève font une pause, regardent leurs cartes et font aller leurs méninges. La prochaine section est la plus terrible.  Jusqu’ici, elles ont un parcours presque parfait ; à 86 points en avant de la sixième équipe, elles ne peuvent virtuellement pas être devancées si elles trouvent toutes les balises restantes, qui valent chacune 150 points. On ne prend donc pas de risques inutiles, le rallye est fini pour elles ; laissons les autres faire des erreurs. Pour une quinzaine de points, elles sortent des dunes et vont pointer « à l’envers » à la 6 à 11 heures ; elles sont les premières à y parvenir en pointant toutes les balises.  La cinquième place est consolidée.

 

On prend une petite pause bien méritée. Carpedia les rejoint pour déjeuner ; elles ont aussi pris la route facile et sont maintenant assurées du podium. On mettra tout à l’heure le pilote automatique et on ira faire de la piscine au bivouac.

 

Et le podium pour Équipe Québec, demandez-vous ?  Le suspense risque de durer encore quelques heures.   Annie et Geneviève ne savent pas encore que #107 Sofitel, qui les devance au quatrième rang,  a coupé de la 4 à la 6 et met maintenant le cap directement sur le bivouac ; elles doivent avoir un problème important.  Annie et Geneviève passeraient conséquemment au quatrième rang.  En arrière, #111 est immobilisé depuis trois heures près de la 6 ; on se croise les doigts.  Et une grande inconnue : l’émetteur GPS des françaises de l’équipe Métropole #106,  qui domine le classement, ne fonctionne pas depuis trois jours.  Elles sont 380 points en avant d’Équipe Québec.  Où sont-elles ?  Que font-elles ?

 

Un suspense jusqu’à la fin  !

Le film de la fin

Donc à la balise 6, elles ont un parcours de routine devant elles. Elles atteignent le bivouac sans difficultés à 15h30. Geneviève appelle immédiatement Christian, son compagnon. « Nous sommes très fières de notre étape. Nous sommes confiantes d’avoir conservé la cinquième position. On a entendu dire que l’Équipe Sofitel avait peut-être des problèmes. On pourrait peut-être même passer en quatrième »

 

Pauvre elles. Les nouvelles circulent très lentement au bivouac et les rumeurs très vite. En arrière, c’est une hécatombe. De nombreux équipages démissionnent et ouvrent leur GPS de secours qui les dirige dans une longue vallée qui atteint le bivouac par le nord. D’autres équipes entrent par le tracé, au sud. Toutes les gazelles présentes sont rassemblées à l’extérieur et ont leurs jumelles en mains. Des cris et des pleurs jaillissent aussitôt qu’on identifie un nouveau véhicule au nord ou au sud, qu’on monte ou qu’on descend au classement, qu’on tombe du podium ou qu’on y grimpe.

 

Ici, au Québec, nous avions déjà compris, et vous l’avions annoncé en primeur, que Sofitel n’était plus dans la course. Nous venions juste de comprendre également, à 15 h 30, que #111 venait enfin de se sortir du sable mais qu’il n’aurait jamais le temps de pointer les dernières balises ; d’ailleurs, elles auront des crevaisons multiples et devront dormir, seules, dans le désert. La médaille de bronze était en poche, et quand Équipe Québec l’apprendra plus tard, ce sera l’explosion de joie et de larmes, l’aboutissement d’une très grosse et dure année de préparation, d’une infernale huitaine de compétition.

 

« Nous savions que c’était très difficile, mais on n’avait jamais imaginé, dans nos pires cauchemars, que ce pouvait l’être autant » a confié Geneviève un peu plus tard à ses parents. « Personne ne pourra jamais comprendre ce qu’on a vécu ». C’est Gerry Delicato, leur entraîneur privé, qui doit être fier aujourd’hui des résultats de l’entraînement physique et du conditionnement alimentaire et calorique qu’il leur a fait subir depuis huit mois!

Équipe Québec écrit une page d’histoire

Une équipe québécoise est à l'origine de la surprise du Rallye 2003. Le duo d'Annie Dumas et de Geneviève Prévost a réussi à monter sur le podium lors de son baptême des Gazelles, une première en 13 éditions! «Nous n'avons connu aucune erreur de navigation et on s'est entendu tout au long du Rallye», a affirmé Dumas, une ingénieure civile dont le travail consiste à proposer l'emplacement de centrales hydroélectriques dans le Nord québécois. La lecture des cartes et la navigation en terrain difficile, elle connaît! » ( Jean-Patrick Balleux, Radio-Canada ).

 

CLASSEMENT FINAL

Classement de la 5e étape 

Cette étape était considérée la plus difficile du Rallye, lui-même considéré comme la plus difficile compétition en 13 ans d’histoire.

 

Un triplé de québécoises en tête, et 6 québécoises dans les 10 premières :

 

 

1

118

Claritin Liberator

75

2

158

Carpedia.com

92

3

132

Équipe Québec

103

4

139

Total Europcar

107

5

106

Métropole

118

6

115

Manuvie

249

7

145

Antoine Laoun

330

8

124

S.A. Dépannage

339

9

131

Delorme-Chouinard

341

10

135

Sofitel Marrakech

361

 

Classement cumulatif

 64 équipes en tout, dont 16 équipes québécoises.

Deux équipes québécoises
sur le podium, 6 parmi les 10 premières :

 

 

 

 

 

1

106

Métropole

404

2

158

Carpedia.com

483

3

132

Équipe Québec

770

4

111

Jeep France

995

5

118

Claritin Liberator

1082

6

107

Sofitel

1197

7

145

Antoine Laoun

1352

8

162

Eurosport

1381

9

115

Manuvie

1419

10

125

TBS Avia

1543

 

Classement des novices

40 des équipes sont novices, dont 11 québécoises.

Un triplé des québécoises en tête, 6 québécoises dans les 10 premières :

 

 

 

 

 

1

132

Équipe Québec

770

2

118

Claritin Liberator

1082

3

145

Antoine Laoun

1352

4

125

TBS Avia

1543

5

148

Cité Nissan

1600

6

104

TotalFina/Elf Recherche

1751

7

134

Aliaco

1782

8

131

Delorme-Chouinard

1950

9

160

Armée de terre

2291

10

130

Nissan/Votre Beauté

2310

 

 Classement des québécoises

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rg/64

Points

1

158

Carpedia.com

2

483

2

132

Équipe Québec

3

770

3

118

Claritin Liberator

5

1082

4

107

Sofitel

6

1197

5

145

Antoine Laoun

7

1352

6

115

Manuvie

9

1419

7

148

Cité Nissan

12

1600

8

134

Aliaco

16

1782

9

131

Delorme-Chouinard

21

1950

10

110

Henri Linné/Resto Magnan

22

2026

11

116

FAM

27

2498

12

155

Aldo

36

2742

13

119

Québécor World

40

2873

14

120

Toyota/Gloria (ING )

43

2935

15

150

Cima +

48

3079

16

147

Mimosa (2Gazelles )

61

3987

 

 

L'édition 2003 a marqué un changement de cap du Rallye ; maintenant, le parcours est beaucoup plus difficile.

 

COMMENTAIRES D'ANNIE :

 

Ce qui a distingué les femmes des enfants, c’est le sable et la stratégie.

La navigation, c’est un pré-requis. Plusieurs équipes peuvent trouver les balises… mais jamais aussi rapidement que nous par exemple. Et il y a beaucoup d’avantages à filer en tête.

Pour le sable, on ne s’est pris qu’une toute petite fois au début du rallye. Geneviève a tout compris d’un seul coup, elle a été géniale !  Dans les dunes, il faut toujours monter sur le dur et descendre sur le mou. On peut faire des parcours très savants pour allonger la partie dure et réduire la partie molle.

 

La meilleure illustration du duo sable / stratégie :

Tu te souviens de ce fameux tronçon entre les balises 4 et 5  de la dernière étape, avec des dunes monstrueuses de plus de 200 mètres de hauteur. Nos concurrentes #111 et #158 et nous avions compris, par une lecture attentive des cartes, que les dunes étaient du mauvais bord et qu’il était virtuellement impossible d’aller de 4 à 5. La seule solution était de sortir des dunes, de faire le grand tour et de revenir à l’envers pour pointer la 5 dans le bon sens des dunes.

 

Après avoir pointé la 4, nous avons vérifié le terrain et nous sommes rendu compte, à notre grande surprise, que les dunes avaient changé de bord depuis que les cartes avaient été faites, dans le temps de la colonie. Et là Geneviève a dit « Tiens-moi le cap et attaches-toi bien ». L’autoroute.  On monte le dur, on glisse le mou. À grande vitesse, en belle ligne droite, une de nos étapes les plus rapides.  C’était hallucinant ! La plupart des équipes y sont restées des heures et ont finalement concédé les balises 5, 6, 7 et 8.

 

En rejoignant le plancher des vaches passé la 5, on croise #111 et #158 qui terminaient leur grande boucle « stratégique ». Là, elles ont la très mauvaise surprise de se retrouver du mauvais côté des dunes pour remonter à la 5. La #158 a réussi à s’en tirer et s’est même permis de terminer avec 10 points d’avance sur nous. Mais #111 y a perdu son podium et c’est là que nous avons gagné le nôtre.

 

LES GALAS

Marrakech

Un long convoi quitte le bivouac vendredi matin, le 25 avril, à 8 heures. À 13 heures, on s’arrête pour casser la croûte au col Tizi-n-Tichka qui, à 2260 mètres, permet de franchir les montagnes du Haut Atlas. On est entouré de neige, celle-là même qu’on voyait hier matin, il y a si longtemps déjà. Dans la plaine, à 100 kilomètres, Marrakech et, 150 kilomètres plus loin, l’Atlantique.

 

À l’arrivée dans la ville, le convoi se resserre. Tous les véhicules officiels et de service vont en tête, toutes flûtes hurlantes ; les curieux s’arrêtent et se rassemblent ; suivent les équipes gagnantes qui saluent, radieuses. En entrant au Sofitel Marrakech, un individu se précipite devant elles ; les caméras crépitent, Geneviève crie, hurle, explose : c’est son gazou Christian. Il a craqué. Il est arrivé ce matin à Casablanca par Royal Air Maroc. Il voulait vivre avec elle cette fin de semaine inoubliable. Il voulait leur remettre à chacune un gros album avec toutes les statistiques, photos, bulletins, articles de journaux, messages. Il voulait leur transmettre les témoignages d’admiration, d’amour et un peu de jalousie de toutes celles et de tous ceux qui les suivaient en pensée et leur transmettaient leur énergie, comme si elles n’en avaient pas assez.

 

Et Christian voulait un peu aussi se faire pardonner. C’est lui qui avait pas mal poussé Geneviève dans cette aventure et en éprouvait un peu de remords en voyant tous les sacrifices que cela exigeait.

 

Au Sofitel, Geneviève et Annie ont droit à des suites de princesses.

Au Gala de clôture, le trophée des gagnantes représente des plaques de désensablement.

Elles ont un petit sourire en coin.

Elles se disent que pour les équipes québécoises, ils devraient plutôt mettre des chenilles de motoneige.

Et nous on pense que pour elles, ils auraient dû mettre des ailes. 

Le gala du Casino

Deux semaines plus tard, le Casino de Montréal a fêté les gazelles québécoises.  À la fin du Rallye, elles avaient voté pour celles qui avaient manifesté le plus bel esprit d’équipe. Ce Grand prix du Casino, a été mérité par Sophie Racette-Villeneuve et Raymonde Legendre.  Elles n’auront pas eu leur podium.  Elles laisseront très longtemps le souvenir de leur charisme, de leur dévouement et de leur entrain. Déjà à leur première participation ensemble en 2000, elles ont eu le trophée de l’équipe la plus sympathique.  Chapeau! 

 

Le prix leur a été remis par les sœurs France et Lyne Guérer, qui l’ont gagné l’an dernier ; dans l’ordre habituel : France, May Kaine du Casino, Sophie, Raymonde et Lyne.

ÉPILOGUE

Élaine était chargée de transmettre des bulletins journaliers aux commanditaires, parents, amis et supporteurs d’Équipe Québec. « Pa, avec tes cartes et ta connaissance de l’Afrique et du désert, pourrais-tu suivre de temps en temps sur Internet la progression du rallye et de temps à autres  remettre à Man de petits commentaires ? »

 

J’ai commencé à suivre distraitement leur position sur les cartes.  Rapidement, je me suis trouvé rivé à mon ordinateur 20 heures par jour,  jusqu’à la fin.  J’ai commencé à comprendre ce qui se passait.  Puis j’ai vu ce qui se passait et je vous l’ai raconté… en direct de mon bureau de Sainte-Adèle !  Et c’était beau.  Et le scénario était parfait.  Et graduellement,  je vivais l’énergie,  les peines et les joies de ma fille.  Et j’ai été fier d’elle, très fier.  Et je voyais sa mère qui l’était tout autant.

 

À leur retour, on a révisé et corrigé le récit.  On a départagé les séquences qui tiennent de l’hystérie, du rêve, de la fabulation, de l’erreur, de la lourde ou douce vérité.  On a changé des scènes, on a inséré de nouvelles séquences et on a terminé le récit.

 

Mais la fin est restée belle. Très belle.

 

Annie, de Marrakech : On vous avait demandé de transmettre de temps à autres des résultats intérimaires à nos commanditaires, familles, amis et supporteurs. En terminant une des premières étapes, on nous remet copie du bulletin. On est estomaquées de voir que des centaines de personnes sont constamment au dessus de nous, nous voient, comprennent ce que nous faisons, nous transmettent une énergie formidable. Même dans la plus profonde solitude, nous n’avions plus droit à l’erreur, il ne fallait pas laisser voir de faiblesse.

 

Je le sais, car quand vous faisiez un bon coup, je vous voyais lancer un clin d’œil vers le satellite et sourire quand vous entendiez nos cris de joie!

 

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