ARCHIVES 2005
15e édition du rallye

Du 21 au 28 avril

pour autorisation

par Pierre Dumas,

le Gazou-gazette

Toute reproduction
ou utilisation interdite
sans l’approbation de l’auteur

CONTENU :

INTRODUCTION

DEUXIÈME ÉTAPE

CINQUIÈME ÉTAPE

LE GALA

LES ÉQUIPES

TROISIÈME ÉTAPE

SIXIÈME ET DERNIÈRE ÉTAPE

ÉPILOGUE

PREMIÈRE ÉTAPE

QUATRIÈME ÉTAPE

DÉPLACEMENT VERS ESSAOUIRA

GALA DU CASINO

 

INTRODUCTION

La 15e édition du Rallye Aïcha des Gazelles s’est déroulée au Maroc du 21 au 28 avril 2005.

J’ai été dépêché sur place par l’écurie de l’équipe #123 Henri Linné, composée de Manon de Arburn et de Diane Gauthier.

Manon a participé pour la première fois en 2002, avec Josée Depuis. Elles ont peiné dans les dune de Mhamid et s’étaient classées 35e.

 

En 2003, elle fait équipe avec Diane. Elles sont les meilleures québécoises dans l’étape 4 d’un jour et demi et sont alors en 18e place au classement cumulatif. À la 5e étape, elles peinent et jardinent dans les dunes de Mhamid et terminent 22e au classement général.

 

 

Cette année, elles veulent entre autres vaincre la persécution des dunes de Mhamid.

 

Le parcours 2005 comprend 6 étapes en 8 jours consécutifs, pour un total de 1204 kilomètres ( en ligne droite ) :

 

LES ÉQUIPES

Il y a en 2005,  85 équipages inscrits en 4x4, dont 46 sont des novices.  Un record !   Ils sont répartis sur 4 parcours différents.  Du total, 15 équipages sont québécois, dont  11 novices ( rang au classement général - rang chez les novices ( NA lorsque non applicable )  - rang chez les québécoises ) : 

 

#100   Ginette Boilard et Marie Audet  ( seront hors-compétition après la 1e étape )

#101   Diane Wilson Légaré et Christiane Genest ( 71-39-12 )

#102   les sœurs Julie et Christine Lamanque, de Saint-Eustache ( auront la médaille d’argent parmi les novices : 14-2-3 )

#103   Rona : Annie Lapointe et Brigitte Saucier, qui se sont classées respectivement 17e et 31e l’an dernier et qui ne visent rien de moins que la victoire cette année ( et qui l’auront : 1-NA-1 )

#104   Casal Domingo : Mireille Bouliane et France Brind’amour ( bronze des novices :16-3-4 )

#112    Jeep Liberty/TQS : Nathalie Allaire qui en est à sa 4e participation,  avec la novice Josée Turmel  ( perte du véhicule à la 4e étape ) :

#116   BASI.ca : Sylvia Frappier et Lynda Hénault : ( 57-28-6 )

#122   Suzanne Forand et Joane Choquette : ( 66-35-11 )

#123   Henri Linné : Manon de Arburn et Diane Gauthier ( perte de la conduite assistée à la 5e étape )

#125   Expertus : Marie-Ève Bertrand et Myriam Couture : ( 62-32-8 )

#126   Loto-Québec : Monya Ostiguy et Nancy Dumouchel : ( 27-10-5 )

#127   UQAM  : équipe mère-fille Ginette et Ariane Legault : ( 64-34-11 )

#128   Carole Messier et Linda Harrisson : ( 60-30-7 )

#150   Talvest : équipe mère-fille Lecours ; la mère Lise avait été 48e/64 en 2003 avec le véhicule #150 et Chantale est novice : ( 65-NA-10 )

#175   Sonia Beaudry et Pascale Brouillette  ( L’équipe Cendrillon, qui aura l’or des novices : 12-1-2 )

Parmi les autres équipages, mentionnons :

#131   avec Laetitia Bléger, Miss France 2004  ( qui perdra son écharpe en chemin )

#145   Total UK : la novice anglaise Arlene Winter qui fait équipe avec la québécoise Lyne Guérer, qui est à sa 4e participation et qui était 9e au classement général en 2003 avec sa sœur France : ( elles termineront en 27e position )

#161   Alexandra Trinidad et Marie-Jo Gonzales, des novices handicapées qui veulent démontrer que « marcher n’est pas une fin en soi » en qui veulent donner espoir et envie d’action à beaucoup d’autres ( 59e au classement général et 29e chez les novices )

#164   Karen Delaporte et Christiane ( Cric ) Girka, qui avaient remporté l’or en 2003 devant les québécoises Marie-Pier Juneau et Francine Plante ( argent ) et une certaine Annie Dumas et Geneviève Prévost ( bronze ) ; elles viennent pour répéter leur exploit ( elles auront le bronze )

#173   avec Syndiély Wade, la fille du président sénégalais Abdoulaye Wade  ( qui ont virtuellement dominé le Rallye ).

Quads

Il n’y a que 5 équipes inscrites en 4 roues.  Nous surveillerons particulièrement la lutte à finir entre les françaises Carole Montillet-Carles et Mélanie Suchet ( #23 ) championnes olympiques et du monde en ski de descente, et l’équipe québécoise de Louise Bergeron et Claudine Douville ( RDS #20 ), qui avaient été les premières québécoises à gagner le Rallye en 4x4, en 2002.  Les françaises les ont battues de justesse en Quads l’an dernier et les québécoises sont venues chercher leur revanche.

 

 

PREMIÈRE ÉTAPE,  jeudi 21 avril

Une première étape assez technique, sans grande difficulté, qui permet de reconnaître les meilleures sans toutefois décourager les novices.  Une boucle de 185 kilomètres à partir de Mech Irdane, avec 6 balises à pointer.

 

Dès 5h30 elles s’élancent.  Toute la journée Diane et Manon gardent le cap à la perfection et demeurent dans les équipes de tête.  Dans les zones un peu plus difficiles, elles ne prennent pas de risques et concèdent quelques kilomètres de détours. 

 

À 15 heures, elles ont déjà pointé la 5e balise ! À 16h, elles sont en tête, à la 6e balise et à 16h30, elles sont rentrées au bivouac alors que 50 équipes n'ont pas encore dépassé la 4e balise !

 

L’équipe mère-fille Lecours ( #150 ) a été la première équipe québécoise à pointer la 1e  balise.  Mais elles se sont ensuite complètement perdues et n’ont pointé la seconde qu’au milieu de l’après-midi.

 

À 21h, une vingtaine de véhicules n’étaient pas encore au bivouac.  Parmi les  québécoises, plusieurs ont eu des difficultés sérieuses, car seulement 4 ont pointé toutes les balises avant le coucher du soleil à 19h30, heure limite.  À 23 heures, #125 et #150 approchaient du bivouac et #100 et #116  étaient encore très loin.  Vite ! Vite ! il faut se lever à 4 heures ce matin !  Malheureusement, Ginette et Marie ( #100 ) n’ont retrouvé le bivouac qu’à 13 heures le lendemain, soit après la limite fatidique de 12 heures.  Elles sont éliminées.

 

Une quarantaine d’équipes ont eu un sans faute, dont 4 québécoises : #175 ( 19 points, 3e au classement général ) , Rona #103 ( 32 pts ), Diane et Manon #123 ( 35 pts, 28e au classement général ) et les sœurs Lamanque #102 ( 38 pts ).

 

Sonia et Pascale ( #175 ) avaient gagné le Prologue de 2 heures, hier.  Tout le monde se demandait qui étaient ces jeunes novices québécoises.  Avec une 3e place au classement général aujourd’hui, elles sont définitivement l’équipe Cendrillon du Rallye.  Elles n’en reviennent pas de l’attention qu’on leur porte !

 

La fille du président sénégalais se classe 2e ; l’Afrique noire est en liesse ce soir.  Les tam-tams se font aller à Tambacounda !

 

Chez les Quads, les françaises #23 et les québécoises #20 naviguaient au cap, deux roues de chaque côté de la ligne et ont fait un sans faute.  Çà se joue point par point.  Ce matin, les québécoises ont tenté de franchir une butte impossible avant de se résigner à la contourner. 

 

Les françaises ont eu 14,83 points de pénalité contre 14,94 pour les québécoises.  À un point  de pénalité du kilomètre en surplus du parcours en ligne droite, les québécoises auront donc parcouru 110 mètres de plus que les françaises, sur un tracé de 185 km ! La course va être longue !

 

 

DEUXIÈME ÉTAPE, vendredi 22 avril

Aujourd’hui, encore une longue étape, de 180 kilomètres, très technique, avec des difficultés de navigation croissantes.  Et après la 6e balise, avant de rentrer au nouveau bivouac de Oum el Firane, enfin, les premières étendues de sable, au sud-ouest des terrifiantes dunes de Merzouga !

 

Ça aura été une autre journée très difficile.  La descente aux enfers.  Des dunes, du sable mou, de l’herbe à chameau, des rochers, une température de 45°.  À partir de midi, la circulation s’est engluée entre les balises 2 et 5, au cœur d’un très large oued ( lit de rivière ).  Un vent de plaine s’est levé et la visibilité était quasi nulle.

 

Diane et Manon ( #123 ) ont eu un bon départ puis, à 10 heures, ont commencé à tourner autour de la 2e balise.  À 13 heures, l’équipe #145, avec la québécoise Lyne Guérer, les rejoignent.  Finalement, à 15h30, elles sont sur la balise 2 et reprennent la course, alors que #145 est toujours à l’écart de la balise.  Allez-y les filles ! Il reste 4 heures ; personne n’a encore franchi la balise 4.

 

Après 15h30, Diane et Manon  se sont déplacées rapidement vers la balise 3 puis avançaient d’à peine 500m par demi-heure, dans la tempête.  Elles ont pointé la balise 4 avant le coucher du soleil.  À 21 heures, elles ont décidé de camper un peu au sud de cette balise et auront une route à proximité pour rentrer au bivouac, demain matin, en une couple d’heures.

 

Une cinquantaine d’équipes n’avaient pas encore pointé la 6e balise avant le coucher du soleil.  Elles prendront une collation et, si elles peuvent trouver une route, essaieront de rejoindre le bivouac afin d’avoir une bonne nuit de sommeil et prendre tôt le départ de la troisième étape qui sera très difficile, dans les dunes de Merzouga. Celles qui ne peuvent entrer coucheront à la belle étoile ( car le vent est tombé ), rejoindront le camp le plus vite possible demain matin et se lanceront sans perdre de temps dans les dunes.

 

Chez les québécoises, seules trois équipes ont pointé toutes les balises : l’équipe Cendrillon #175, qui prend le 3e rang du classement général ainsi que Rona #103 et les soeurs Lamanque #102, qui  demeurent dans le peloton de tête.  Diane et Manon encaissent 236 points, avec une 43e place.

 

Lyne et Arlene ( #145 ) sont en 41e, avec 222 points, juste derrière la fille du président, qui n’aura pas imposé longtemps la domination sénégalaise ; les tam-tams ont dû se taire à Tambacounda.  Leur véhicule a été décoré par l'artiste peintre Amadou Lamine N’gom avec une évocation chromatique de ces petits autobus qui ramènent les ouvriers de Dakar dans leur brousse natale, pour la fête musulmane de la Tabaski.

 

Des parcours parfaits pour les 5 équipes de  Quads, où les québécoises concèdent un petit 10 points aux skieuses françaises. 

La nuit dans le désert

Diane et Manon ont bivouaqué avec la québécoise Lyne Guérer.  Elle avait participé 3 fois au rallye, avec sa sœur France.  Il y a quelques mois, elle reçoit un appel de l’Organisation : l’anglaise Arlene Winter se cherche une navigatrice pour l’équipe Total-UK #145.  Le financement est acquis.  C’est reparti mon kiki !

 

Autour du feu de camp, elles placotent en français du nouveau pape, de la commission Gomery, du risque d’élections fédérales.  Par politesse, elles demandent à Arlene, en anglais, s’il est vrai qu’il pleut tout le temps en Angleterre et si elle est d’accord pour que Camelia devienne un jour reine.

La dure rentrée au bercail

Elles ont demandé le réveil à 4 heures et un petit-déjeuner continental.  Le vent est tombé, la lune n’est pas couchée et donne un bon éclairage.  Départ à 4h30 ; à 4h45 on traverse le petit  village de Taouz ; on vire au N et à 5 km, on prend la piste du NE au lieu de celle vers le NO.  Vers 5 heures, le bivouac n’est pas encore en vue.  On sort les cartes : on est perdues.  On aurait dû naviguer plus sérieusement au lieu d’échanger des histoires de bédouins avec Lyne, au walkie-talkie.  Une heure à viser à la boussole des monticules, des rochers.  Si au moins les marocains avaient construit un peu d’églises avec des clochers comme quand on s’entraînait dans les Laurentides…

 

Bon, disons qu’on est ici, on file franc ouest, sur une quinzaine de kilomètres, on tourne à gauche sur une piste et le bivouac nous tombera dessus.  Mais pas de bivouac.  Une autre piste transversale, plus importante.  On a dû contourner en sens anti-horaire.  Allez, on tourne à gauche !

 

À 7h15, horreur et stupéfaction : n’est-ce pas la pelure d’orange que Manon avait jetée par la fenêtre il y a déjà plus de deux heures et demie, en quittant le campement ? On vérifie : c’est bien le rouge à lèvres de Manon ! Comme Dupont et Dupond qui trouvent un jerrycan dans le simoun.  Leur jerrycan.  Merde alors !

 

On retraverse Taouz, on file au nord sur 5 km et la voilà, la piste vers le NO qu’on avait loupée.  Le bivouac est atteint à 8h30.  Un café, un changement d’huile et on repart à 9h30 pour la troisième étape

 

 

TROISIÈME ÉTAPE, samedi 23 avril

Une boucle de 115 km qui revient à Oum el Firane, avec 6 balises.  Pour les deux premières balises, on a trois possibilités : un parcours facile avec peu de sable ( 1F-2F ), un autre avec plus de sable ( 1D-2F ) et un troisième ( 1D-2D ) avec la 2e balise au sommet d’une dune qui a la hauteur du Mont Saint-Sauveur. 

 

Évidemment, les points de pénalité ou de bonus sont en conséquence.  Si on y va pour le podium, il faut foncer, mais on peut se « tanker » lamentablement et « jardiner » toute la journée.  Ensuite c’est la routine jusqu’aux balises 5 et 6, où on recommence le même jeu d’options dans le sable.

 

C’est le wali ( maire ) de Merzouga qui a probablement le mieux résumé la situation au cocktail des médias ce soir, après son cinquième thé fort :  « En tout cas, les boys, si la deuxième étape a été une hécatombe, la troisième fut une mégatombe !».   Excusez ma mauvaise traduction de l’arabe sud-marocain, que je maîtrise encore mal !

 

Effectivement, ce fut une catastrophe.  Le sable était très mou et la tempête a soufflé toute la journée.  Avec ce que j’ai pu apprendre des gazelles avant, pendant ou après leur douche (  374-37-7 : 374 points de pénalité à l’étape, 37e au classement de l’étape,  7e au classement cumulatif ) :

 

#100   Boilard/Audet : ont complété les balises 1F et 2F à 9h30, n’ont jamais trouvé la 3 et tournent de bord à 16h.  Elles font maintenant le rallye en touristes, puisqu’elles sont disqualifiées

#101   Wilson/Genest : étaient complètement perdues hier soir et n’ont retrouvé le bivouac qu’à 10h ce matin ; débutent à midi, ont complété les 1F et 2F à 16h30 et rentrent  à la maison  ( 746-70-73 )

#102   sœurs Lamanque : autour de la 1D jusqu’à 13h, se sont ensablées pendant 2 heures en sortant vers l’ouest, ont ajouté la 2F et la 3  ( 554-36-23 )

#103   Rona : à la balise 1D dès 8h30, réussissent à se sortir de la 2D à 13h, et réussissent à faire tout le parcours en prenant la balise facile à la fin  ( 141-1-2 )

#104   Casal Domingo : font la 1D, la 2F, tournent 2 heures autour de la 4, font le parcours facile à la fin et sont au bivouac à 18h  ( 394-21-30 )

#112   Jeep/TQS : font la 1D, la 2F et se rendent à la 4 à 18h ( 704-67-57 )

#116   BASI.ca : étaient complètement perdues hier, ont atteint le bivouac à midi et n’ont pu faire l’étape  ( 1300-79-77 )

#122   Forand/Choquette : atteignent la 1D à 10h30, jouent dans le sable jusqu’à 14h et rentrent
( 860-75-75 )

#123   Henri Linné : partent à 9h30, ont fait les 1F et 2F à midi.  Elles ont joué de la pelle en visant la 3 et ont finalement décidé de faire un grand contournement en empruntant des pistes, ce qui les a amenées à traverser Taouz, où maintenant tout le monde les reconnaît.  Après avoir pointé la balise 3, elles réalisent à 16 heures qu’elles n’auront pas le temps de finaliser le parcours et vont prendre le thé à Merzouga  ( 677-63-36 )

#125   Expertus : arrivent au bivouac à 9h, quittent à 10h, pointent la 1F puis la 2F  à 13h, la 3 à 15h, se prennent avant la 4 et rentrent  ( 595-45-69 )

#126   Loto-Québec : perdent une roue à 7h30 avant la 1D, se remettent en mouvement à 12h et rentrent ( 820-73-46 )

#127   Mère-fille Legault : 1D à 8h30, 2F à 13h30, 3 à 16h30 et rentrent  ( 569-39-59 )

#128   Messier/Harrisson : arrivent au bivouac à 10h30, quittent à 12h, ont fait 1F et 2F à 15h30, la 3 à 17h et rentrent ( 698-65-64 )

#145    Lyne/Arlene : malgré un départ tardif à 9h30, ont fait 1F et 2F à 11h30, la 3 à 14h, la 4 à 16h30 et complètent avant le coucher du soleil  ( 495-29-29 )

#150    Mère-fille Lecours : ont fait 1F, 2F et la 3  ( 620-50-61 )

#175    Cendrillon Beaudry/Brouillette : près de la 1D à 13h, se sont reprises dans le sable en compagnie de #102, ont finalement atteint la 2 à 17h puis la 3 à 18h30 ( 552-35-19 )

 

En tout, il n’y a que 3 équipes avec moins de 200 points et 29 avec moins de 500 ; 5 ont plus de 1000 points ! Rona #103 a gagné cette étape et atteint la 2e place au classement général. 

 

Chez les Quads, les québécoises ont navigué sûrement, en ligne droite, sans se presser.  Louise s’est coupé une fesse sur une plaque de métal, s’est fait recoudre et a continué comme si de rien n’était.  Elles étaient à la balise 4 à 17 heures alors que les françaises arrivaient au bivouac, après un parcours qui semblait moins précis et après avoir tourné un bout de temps autour de la 4.  Finalement, les québécoises doivent quand même concéder un autre 20 points aux françaises, pour un écart total de 30 maintenant.

 Manon Last Call

 La nouvelle a traversé le bivouac comme une traînée de mascara ( on ne peut plus prononcer le mot p… devant les gazelles, depuis la tempête de sable d’hier ).  Manon veut ouvrir une chaîne de salons de thé.  Elle avait d’abord pensé à des bars, d’où le nom de la chaîne, mais les musulmans ne prennent pas d’alcool !  On y servira des œufs dans le sirop de palme et des oreilles de crisse de chameau, car les musulmans de mangent pas de porc non plus !  Elle a eu amplement le temps hier de régler le cas de Taouz.  Cet après-midi, au lieu de forcer la balise 4, elle s’est longuement arrêtée au village de Merzouga pour négocier une autre franchise ; elle a d’ailleurs eu l’occasion d’en parler au wali au cocktail de ce soir.

 

 

QUATRIÈME ÉTAPE, dimanche 24 et lundi 25 avril

Ce matin débutait une longue étape marathon de 312 kilomètres, avec 10 balises, sur deux jours.  Les gazelles doivent dormir dans le désert et n’ont aucune assistance technique.  Les balises 1 à 8 ferment demain à 14h et les 9 et 10 restent ouvertes jusqu’au coucher du soleil.  Tout çà parce que demain soir, c’est le grand party de mi-course.  On veut que celles qui n’ont pas pointé la 8 à 14h s’en reviennent directement et que celles qui l’avaient pointé soient facilement au bivouac avant 17 heures.  Pour que tout ce beau monde ait le temps de prendre une bonne douche avant d’aller embrasser le gentil ministre et le gentil sponsor.

 

Les gazelles n’ont pas vraiment aimé cette étape, d’autant plus que les conditions climatiques étaient encore pitoyables.  La vitesse importait beaucoup plus que la précision, afin de passer le plus de balises possible, qu’il fallait quand même trouver.  Comme plusieurs équipes n’en sont pas à quelques dizaines de points près, nombreuses sont celles qui ont choisi des routes et des pistes entre les balises, au lieu de naviguer au cap. 

 

Diane et Manon ont très bien roulé.  Entre les balises 2 et 3, elles traversent encore par Taouz, au son de la fanfare, cette fois.  Elles ont pointé la 7 avant la fermeture des balises à 14 heures.   Elles passeront de la 36e à la 33e place.

 

La Jeep Liberty a abandonné #112 au début de l’étape.  L’entreprise Jugand, chargé des ateliers de mécanique, ne peut réparer car elle n’a pas les pièces de rechange.  Nathalie et Josée doivent abandonner le rallye et trouver un moyen de rapatrier leur véhicule en France.  Je les ai croisées hier soir et les chouettes avaient le cœur très gros.  Expertus #125 a abandonné pour cause de fatigue extrême ; Marie-Ève a même dû été rapatriée au bivouac en hélico.

 

Trois équipes québécoises ont pointé toutes les balises et ont amélioré sensiblement leur position au classement général : Sœurs Lamanque #102 ( passent du 23e rang au 10e ), Casal Domingo #104 ( de 30 à 14 ), et Cendrillon #175 ( de 19 à 5 ) ; ces dernières sont donc revenues dans la course et se disent maintenant qu’un podium est possible ; en 5e place, elles ont 715 points de pénalité alors que les 2e en ont 617.  C’est à suivre de près.  Mais il y a du sable demain et elles n’ont pas aimé les dunes de Merzouga ! Lyne et Arlene #145 ont aussi pointé toutes les balises et passent de la 29e à la 12e.   

 

La grande déception est venue des Quads RDS qui ont fait une crevaison avant la 8, ont dû demander l’assistance technique et se retrouvent maintenant à près de 500 points en arrière des skieuses françaises qui ont tout pointé.  C’est fini pour elles « On ne reviendra pas l'an prochain pour une autre revanche.  Les skieuses sont vraiment fortes.  »

 

La plupart des gazelles ont ainsi atteint le bivouac avant 18h mais néanmoins, à cause du décalage horaire, elles ont raté la dernière émission de Virginie et n’ont pas su ce qui énervait tant le gros…

Cœur de Gazelle

Dépassement personnel, défi d’une vie, mystique du désert, spiritualité du sable, élévation de l’âme.  On sait depuis longtemps que tout çà n’est que du baratin pour émouvoir les commanditaires et pouvoir se payer un gros trip de gazelle.

 

Mais pas dans le cas des duos mères-filles comme les Legault #127 et Lecours #150.  Dans un crescendo de dépassement depuis le début du rallye, elles sont passées à côté de presque toutes les balises.  Les Lecours ont abattu tous les records d’élévation dans la première journée de l’étape 4.  Si bien qu’elles sont passées tout à fait par dessus la première balise qu’elles n’ont jamais trouvée.  Elles ont donc pu goûter hier à l’ultime quintessence  du rallye, au dépassement à l’état pur, dans une dimension parallèle où il n’y a plus ni boussole ni balise.  Des gazelles ultimes, presque virtuelles :  que c’est beau !

 

Dans la quatrième étape, aujourd’hui, mère-fille Legault, qui n’ont maintenant plus de compétition dans leur catégorie mystique, avaient toute la place pour se dépasser, ainsi que la balise 1 qu’elles ont cherchée toute la journée.  Une deuxième équipe québécoise en deux jours élevée au nirvana des gazelles virtuelles.

 

Avec çà pis le frère André, on méritait pourtant d’avoir un pape québécois !

 

CINQUIÈME ÉTAPE, mardi 26 et mercredi 27 avril

Une autre étape marathon de deux jours.  Une vraie celle-là, avec les balises qui ferment à 19h30 même la seconde journée.  Un total de 230 km avec 9 balises, beaucoup de sable jusqu’après la balise 4, puis de la bonne surface où on peut surfer.  Entre les balises 2 et 5, encore une fois, divers niveaux de difficulté dans le sable.  Le départ a été retardé pour faire reposer les véhicules et faire l’entretien des gazelles ; pour compenser, on a éliminé la balise 8 qui faisait faire un long détour.

 

Mais quelle course, mes amis !

 

Au départ de l’étape, #164, qui sont là pour gagner, ont un gros 337 points d’avance en tête du classement.  On joue donc sûr et on prend le parcours facile. Les 4 équipes suivantes au classement font de même, incluant Cendrillon, qui n’aime pas le sable.

 

Mais les équipes en 6, 8, 9 et 13e place jouent le tout pour le tout… et réussissent.  La #164 demeure au premier rang, mais son avance est réduite à 181 points.  Les anciennes 2-3-4-5e sont remplacées par les anciennes 9-6-8-13e.  Rona #103 a fait une course époustouflante et se retrouve en deuxième place. « La première journée de l'étape marathon a été infernale parce que le vent a inversé les dunes de Mahmid » a déclaré Brigitte Saucier, de Rona.

 

Chez les autres québécoises, les #102, #104, #116, #126 et #175 ont pointé toutes les balises.  Au bivouac, ce soir, papa Lamanque, qui est arrivé lundi, affichait un très large sourire, vous pouvez me croire.  Diane et Manon ont malheureusement eu un pépin majeur avec leur conduite assistée, qui n’a pas pu être réparée.  C’est la fin de la course pour elles. La persécution de Mhamid a eu raison d’elles.

Lyne et Arlene ont cassé leur transmission au sud de la 1e balise à 11h mardi.  Et pourquoi elles ont perdu leur transmission ? Parce qu’Arlene est anglaise de corps et d’esprit et qu’elle est habituée à shifter avec l’autre bras et à clutcher avec l’autre patte.  Elle a tout démoli !  Elles devront rentrer en remorquage, ce qui signifie la disqualification.  Arlene est inconsolable.  Mais miracle dans le désert ! Pris de compassion,  Jean-Pierre, le directeur de la course, arrive à la tombée de la nuit avec Jugand.  Ils ont apporté une transmission, soulèvent le véhicule avec des crics, le soutiennent avec des tas de sable aux quatre coins.  La réparation dure toute la nuit et elles peuvent repartir et rentrer au bivouac sur leurs quatre pattes.  Elles peuvent continuer la course !  La madame Winter était contente !

Vive l’informatique

Ceux et celles qui consultent le site officiel de l’Organisation sur Internet se sont rapidement rendu compte que rien ne fonctionne.  « La une » est au moins 24 heures en retard, les positions GPS sont souvent erratiques et les classements cumulatifs ne veulent rien dire ; si bien que pour avoir l’heure juste sur les classements, je fais compiler les données par ma gazelle de fille à Montréal, qui me transmets rapidement des résultats fiables, ce qui me permet de bien vous informer.

 

Et là, je vais vous en conter une bonne :

Ce classement farfelu sur le site officiel a fait apparaître la fille du président sénégalais Wade, hier, en 1e position, alors qu’elle était en fait en 6e.  Le pauvre chef de pupitre du Soleil de Dakar, en faisant une vérification de routine sur le site, voit l’immensité de la nouvelle et titre donc immédiatement « Syndiély Wade et sa coéquipière Valérie Dot se sont emparées de la première place du classement général du 15e rallye Aïcha La Gazelle, à l’issue de la quatrième étape courue dimanche ».  Çà y est, les tam-tams sont repartis à Tambacounda.

 

Mais là, il n’a plus le choix, il faut qu’il couvre l’événement, sinon le président ne sera pas content, mais alors là, pas content du tout, et çà, c’est très, très dangereux pour la carrière.  Alors ce matin, il en remet : « Syndiély Wade et sa coéquipière Valérie Dot, premières au classement général du rallye des gazelles, abordaient hier soir la cinquième étape de la compétition, soit la plus difficile de l’épreuve ».  Et comme il n’a pas la chance, comme l’équipe #123, d’avoir un correspondant sur place, il va fouiller sur le site officiel et fait du copier/coller à tour de bras.  Ce qui lui fait mettre dans son article cette phrase sublime « Cette étape devient un vrai calvaire sous la tempête ».  Les dakarois, musulmans, se demandent encore ce soir si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle que la fille du président vive un calvaire ! 

 

J’ai encore failli mourir de rire, hier soir, quand Jean-Patrick Balleux, de Radio-Canada, m’a montré son article qui mettait aussi les sénégalaises en tête.  Le président va être très content et les tam-tams de Tambacounda accélérer leur tempo.  Jean-Patrick voulait-il avoir une affectation à Dakar ?

 

Le pauvre Jean-Patrick ne peut évidemment disposer de l’équipement sophistiqué de communication que l’équipe #123 a mis à ma disposition ni sur l’assistance à distance de ma gazelle ferrée en informatique.  Il a bien ri quand je lui ai expliqué la supercherie du site officiel.

 

Nous en avons d’ailleurs longuement discuté et allons maintenant investiguer l’hypothèse d’un scandale des commandites.  L’Organisation induirait volontairement des erreurs dans ses compilations pour faire apparaître des équipes en première position, pour que les sponsors puissent mettre çà dans leurs publicités et pour que les gazelles visées puissent obtenir de meilleures commandites, la prochaine fois.

 

Cré français, va !  On leur envoie Gomery tout de suite !

 

 

SIXIÈME ET DERNIÈRE ÉTAPE, jeudi 28 avril

Une longue boucle de 180 km avec 7 balises ( mais la sixième a été éliminée ),  sans grandes difficultés de terrain.  C’est l’étape bonbon du Rallye qui permet à plusieurs équipes, enfin, de pointer toutes les balises.  Les meneuses auraient préféré un parcours plus difficile, afin de mieux les démarquer.

 

Diane et Manon n’ont pu prendre le départ ; elles sont assises au bivouac et essaient de trouver un sens dans les bribes d’information souvent contradictoires qui leur parviennent.  Rona se bat pour conserver l’argent.  On n’a pas accès aussi facilement, ici, comme vous autres au Québec, aux positions GPS.  C’est dont énervant !

La catastrophe

À 13h, une bombe atomique tombe sur le bivouac.  Les meneuses #164 sont à la 3e balise et demandent l’assistance technique.  C’est tout de suite 200 points et possiblement le reste des balises.  Rona se retrouve en première position provisoire, mais à seulement 2 points ( 2 kilomètres ) devant #160 ; la #136 suit 19 points plus loin.  Et ces trois équipes, #103, #160 et #136 sont sur le même parcours vert que #164 et sont toutes ensemble à voir les difficultés de #164.  Elles savent donc qu’elles se jouent les trois médailles, sur quelques kilomètres de pénalité. 

 

Et tout cela se passe sous le crépitement des caméras, car la meute des médias était rassemblée au poste de ravitaillement d’essence de la balise 3 pour voir passer les meneuses.  Et quand Annie et Brigitte y sont arrivées, tout ce beau monde s’est abattu sur elles.  Elles sont reparties grisées...  Quand elles reviennent sur terre un kilomètre plus loin, elles réalisent que dans le brouhaha, elles ont oublié de pointer la balise.  Annie se serait bien passée de 2 km de jogging pour ne pas perdre de précieux points en allant pointer avec le véhicule !

La lutte pour l’or

La fin de la course va être trépidante.  J’ai reçu un appel de Montréal et on me dit qu’un grand troupeau de gazelles s’en va brouter chez Francine Plante afin de suivre ça.

 

En fait, les meneuses #164 avaient cassé leurs supports de moteur.  Le carter est aussi cassé, mais on ne peut voir l’ampleur de la cassure.  Elles poussent un T-shirt entre le moteur et le carter pour réduire la perte d’huile, les mécanos leur donnent toutes les caisses d’huile qu’ils ont et elles repartent de la balise 3 à 15h30.  Un gros 3h30 perdues. 

 

Pour simplifier les choses, si on enlève 944 points à tout le monde,  on retrouve donc maintenant en tête du classement provisoire :  Rona #103 ( 0 points ), #160 ( 2 points ), #164 ( 19 points ) et #136 ( 22 points ).  Les suivantes sont relativement loin derrière, avec 89 points.  #103 et #160 se disputent donc l’or et l’argent, #164 ne peut espérer que conserver le bronze face à #136, si elle réussit à pointer.

 

Entre les balises 4 et 5, #103 contourne un massif montagneux ; #160 garde le cap.  Est-ce que cela fera la différence ?  La balise 6 a été annulée.  C’est dommage, car c’était la plus difficile et çà aurait permis une meilleure compétition.

 

À 18h30, #103 et #160 ont toutes deux pointé la 7 et rentrent au bivouac.  C’est un photo-finish et finalement, c’est RONA QUI REMPORTE L’OR !  Elles ont 39 points de pénalité et #160, 51 points.  Rona, ayant déjà 2 points en poche, emporte donc le cumulatif par 14 points.  Un tout petit 14 kilomètres de différence sur un parcours total de 1200 kilomètres.

 

Et ici j’en profite pour souligner l’exagération de l’Organisation  - comme j’ai eu l’occasion de le mentionner à Dominique Serra un peu plus tôt cette semaine -  qui n’arrête pas de nous casser les oreilles avec un rallye de 2500 kilomètres dans le désert ! Le Rallye ne débute pas à Paris et la course fait 1200 kilomètres,  pas plus.  Bon.  Peut-être un peu plus pour les duos mère-fille, je vous l’accorde !

La fin de la course

À 18 heures, #136 avait déjà pointé la 7 et a donc un sans-faute.  L’équipe #164 vient de partir de la 4 ; elle aura mis 2h30 à parcourir les 27 km depuis la 3.  Pourront-elles faire le miracle de parcourir les 55 km restants jusqu’à la 7 avant le couperet de19h30 et conserver le bronze ? Presque.  Il ne leur a manqué que quelques kilomètres.  Elles ont fait un rallye de championnes ; elles ont fait une journée digne des plus grandes.  Karen Delaporte et Christiane « Cric » Girka sont consternées.  Elles finissent cinquièmes.

 

À Montréal,  Sophie Racette-Villeneuve et Raymonde Legendre pensent à leur 5e participation au Rallye,  en 2003. Elles sont très fortes mais n’avaient jamais gagné.  Elles y allaient pour l’or.  À la fin de la dernière étape,  elles ont un bris mécanique,  glissent en 4e place et voient Cric monter sur la plus haute marche du podium.  Quand elles ont vu gagner Annie et Brigitte,  à cause d’un bris mécanique de Cric, elles leur ont fait un gros clin d’œil…

 

Les Cendrillon #175, les sœurs Lamanque #102 et Casal Domingo #104 ont fait une très bonne étape.  Ce ne sont pas seulement les 3 autres meilleures québécoises, avec des 12e, 14e et 16e places, mais aussi les trois meilleures parmi les 46 équipes novices du Rallye.  Un triplé québécois :Or/Argent/Bronze !

 

Les sénégalaises finissent en 10e place.  Les tam-tams se sont tus à Tambacounda où le chef de pupitre du Soleil de Dakar sera bientôt transféré à titre d’assistant typographe lorsque le président aura appris la vérité.  Le site Internet du Soleil de Dakar est inaccessible.  Le Soleil de Dakar est probablement fermé.   Et Jean-Patrick Balleux n’aura pas son affectation à Dakar.

 

Un total de 49 équipes ont pointé toutes les balises.  Incluant mère-fille Legault ; elles seront à surveiller l’an prochain.

 

Lyne et Arlene, malgré leur problème mécanique miraculeusement réparé en plein désert hier, terminent en 37e, 5 places de mieux que miss France 2004 Laetitia Bléger.

Laetitia Bléger

Elle vient d’apprendre qu’elle est « interdite de couronne et d’écharpe » pendant six mois, suite au scandale qui vient d’éclater parce qu’elle avait posé « moins que à-demi vêtue » dans le dernier numéro du Playboy français.  Les anglais, laconiques, ont titré « She was striped of her title ».  Je vais essayer d’avoir une entrevue avec elle.  Pour un article, bien sûr.   Je devine que tous les gazous vont s’acheter ce numéro… pour s’assurer que leur gazelle n’est pas dedans !

 

Moi, je me le suis procuré, pour mieux vous renseigner, bien sûr !  On a invoqué qu’elle posait « moins que à-demi vêtue ».  Moi, vous me connaissez, éternel optimiste, je trouve plutôt qu’elle est « plus que à-demi dévêtue ».  Think positive.  Mais là, attention, ce n’est pas à moitié dans le sens haut/bas ou gauche/droite ou devant/derrière ou dessus/dessous.  Non.  Si vous dépliez la page centrale, ce que j’ai fait, toujours pour mieux vous informer, on voit que Laetitia porte plutôt un genre de vêtement qui la cache avec moins de 50% d’opacité.  Ou, think positive, qui la dévoile avec plus de 50% de transparence.  En tout cas, je me comprends.

 

Et puis, je trouve que l’organisation de Miss France a beaucoup exagéré avec çà, car ce n’est pas pire ( ou assez mieux, c’est selon ) que 50% des françaises au mois de juillet et l’autre 50% au mois d’août qui se promènent avec à peine un petit JString sur le dos (  ? ) sur toutes les plages d’Europe.

 

Incidemment, les filles.  La presse française disait « Laetitia Bléger est actuellement au Maroc, où elle participe au « très branché Rallye des Gazelles ».  Vous saviez çà, vous autres, que c’était si flyé que çà, votre affaire ?

 

DÉPLACEMENT VERS ESSAOUIRA

Mais là, les amis, ce n’est pas fini car il y a une contestation sur le classement, dont le jugement sera rendu demain.  Je n’ai pu avoir plus de détails avant de quitter le bivouac, mais on espère que ce n’est pas #160 qui conteste la victoire de #103.  C’est à suivre.

 

Toutes les filles sont parties ce matin en longeant les contreforts des monts Atlas vers le sud-ouest jusqu’à Agadir et remontent ensuite la côte jusqu’à Essaouira, une des cités les plus attachantes de la côte marocaine, où aura lieu le grand gala et la remise des prix, demain soir.

 

Moi je suis passé par Ouarzazate et me suis lancé à l’assaut des montagnes du Haut-Atlas qu’on franchit par le col de Tizin-Tichka, à 2260 mètres d’altitude.  Le  temps est superbe et le paysage féerique.  Les sommets des montagnes de part et d’autre, qui sont à plus de 3000 mètres, sont encore enneigés.  Dans le fond de la vallée, au sud-ouest, on devine la ville de Marrakech, où je passerai cet après-midi.  On voit aussi, loin à l’ouest, l’immensité bleue de l’Atlantique.

 

À Essaouira, tout le monde loge au Sofitel Mogador ma chère,  partenaire officiel du Rallye, en face de la grande plage et à 5 minutes de la vieille ville, du souk et du vieux port surmonté de sa forteresse.  Nos championnes ont évidemment droit à des suites ; les autres sont dans de vulgaires chambres à 238 Euros.

 

LE GALA, samedi 30 avril

Le verdict des juges a été rendu.  Nos championnes le demeurent.  Bravo Annie et Brigitte.  Cric m’a dit comment vous aviez été fines avec elles quand elles ont cassé.  Toutes les gazelles sont unanimes à dire que c’est vous qui méritiez le plus d’être les reines.

 

En fait, la contestation portait sur un imbroglio à propos des balises « joker » de la cinquième étape.  Le réajustement des points fait que #160 et #136 ont fait leurs valises et déménagé dans des chambres à 238 Euros alors que #154 ( le nouvel argent ) et Cric #164 ( le nouveau bronze ) ont emménagé dans leurs suites.  Pendant un certain temps, le bruit courait à l’hôtel que c’était mère-fille Lecours qui contestaient à mère-fille Legault le trophée du plus haut « high » !  Ce midi, Annie et Brigitte les ont d’ailleurs rejoint au septième ciel, alors qu’elles étaient les grandes vedettes, sous les applaudissements et les yous-yous stridents des femmes, du grand défilé d’honneur sur la magnifique plage d’Essaouira.

 

Essaouira la superbe ! Elle a été fondée par les portugais et rappelle l’Andalousie.  Sa Médina bleue rappelle les îles grecques.  De nombreux restaurants et commerces rappellent l’Asie.  La ville a été construite sous la direction d’un ingénieur français, ce qui ne rappelle finalement pas grand chose et le souk rappelle, ma foi, le Maroc.  Les gazelles s’y sont promenées cet après-midi.   Pour la plupart, c’était la première confrontation avec le  Maroc profond.   Très différent, disons, de l’Abord-à-Plouffe.  J’annonce d’ailleurs en primeur aux gazous que la plupart pourront la semaine prochaine remplacer la potiche de leur belle-mère par une pièce de marqueterie de thuya et de citronnier, la grande spécialité de la place.  Je voulais que vous ayez le temps de vous préparer mentalement.   Mais, SVP, faites semblant d’être surpris et contents !

 

Ce soir, c’est le grand gala avec la remise des trophées et nos vedettes reçoivent leur tant convoité pendentif en or en forme de plaques de désensablage.  Annie et Brigitte auraient préféré des chenilles de motoneiges en or… Ensuite, c’est le super-spectacle pour souligner le 15e anniversaire du Rallye, dominé par nul autre que l’extraordinaire Manu Dibango, le super camerounais roi du groove, maître incontestable de la world-music, la vedette ultime.

 

« Miss France » n’a pu présider le gala, tel qu’il était prévu.  Mais Laetitia y était à titre personnel ;  elle ne pouvait porter son immense écharpe « Miss France 2004 » en travers de la poitrine.  Finalement, c’était beaucoup plus sympa comme ça !

 

Mais ce sont les québécoises qui ont volé le show quand elles sont montées sur la scène en ceintures fléchées pour chanter une adaptation de leur plus grand succès, en s’accompagnant à la cuillère :

 

« Il était une Bléger,

et ru-ru-ru petit patapu,

il était une  Bléger

très blégèrement vêtue tu-tu

très blégèrement vêtue ».

 

Manu Dibango était tellement crampé qu’il a dû attendre une grosse demie heure avant de pouvoir commencer à groover.

 

Ce qui m’a laissé le temps d’aller prendre ma connexion pour le vol de nuit vers Montréal.  Mais cette fois en biznesse, car leur classe touriste n’est pas possible.  Bon timing, car je ne suis pas sûr, mais alors pas du tout,  que j’aurais trippé sur Dibango !

   

ÉPILOGUE

Je vous transmets ce dernier reportage dimanche midi, de Sainte-Adèle… d’où j’avais transmis tous les autres, d’ailleurs !   CE N'ÉTAIT QU'UNE MISE EN SCÈNE !

 

Allez,  il y en a combien qui sont tombés dans le panneau ?

 

J’ai interprété les données GPS, récolté des informations sur le Net et avec Alertes Google Actualités ( c’est très fort ), suivi sur mes cartes, confronté mes notes et hypothèses avec celles d’autres gazelles.   Et avec la compilation rapide et juste que ma gazelle de fille Annie me faisait des résultats et du classement.   Et en m’inspirant d’histoires de gazelles que j’entends depuis plusieurs années.   Et en puisant dans mes souvenirs de nombreux voyages en Afrique.  Et avec Google tout court, qui vous fait faire un tour d’Essaouira plus vite que ne peut le faire une gazelle au galop.

 

Plusieurs gazelles ont cru dur comme fer que j’étais réellement là-bas.   C’est le plus beau compliment qu’elles pouvaient me faire et je les en remercie.  Et si j’avais été réellement sur place, vous pensez bien que je vous aurais expliqué pourquoi Diane et Manon ont tourné à gauche plutôt qu’à droite, le lendemain matin de la seconde étape, pour finalement retrouver la pelure d’orange perdue trois heures plus tôt près de Taouz !

 

En fait, aucun journaliste n’aurait pu faire un travail équivalent à partir du bivouac.  Ils n’ont pas les positions GPS,  ils n’ont pas les bons classements, ils n’ont pas de bons moyens de communication, il fait très chaud, ils ne voient finalement que très peu les gazelles.  Je le sais,  j’y étais… Sans rancune, Jean-Patrick Balleux.  Tu as fait une super job dans l’adversité.  La meilleure, et de loin, de toute la presse francophone.  Et, je m’en confesse, j’ai allègrement piqué dans tes articles pour donner de la vraisemblance à mes reportages.  Et tu n’avais aucun moyen de savoir que les sénégalaises n’étaient pas vraiment en tête.  Mais c’est quand même dommage que tu n’ailles pas à Dakar !

 

Incidemment, je veux vous rassurer.  Le Soleil de Dakar n’est pas fermé.  Le chef de pupitre y est encore, je lui ai parlé hier.  Il l’a trouvée très drôle !  J’ai dit que çà avait quand même dû être l’enfer pour lui.  Musulman, il m’a demandé ce que c’était, l’enfer.   Je lui ai demandé ce que c’était, un calvaire.   Il en rit encore !  Je l’adore.  J’adore le Sénégal !

 

Bravo les filles, toutes les filles.   On est très fiers de vous.

Annie et Brigitte, les meilleures,

Sonia et Pascale, les plus surprenantes,

Manon et Diane, les plus folles,  à qui je dois ce beau voyage !

Et surtout vous, mères et filles Legault et Lecours,

même si on s’est payé une pinte de bon sang à vos dépens.

Vous êtes belles.  Très belles.  Les plus belles.

Et je vous envie le trophée du plus haut high

que je mérite, en toute humilité, bien autant que vous.

 

GALA DU CASINO, mardi 17 mai

Tous les ans, le Casino de Montréal, partenaire du rallye, organise un gala de remise des prix en l’honneur des québécoises qui y ont participé.

 

Cette soirée s’est déroulée mardi le 17 mai. Près de 500 personnes y participaient. Il y avait évidemment toutes les gazelles de l’année, avec leurs parents, amis et commanditaires. Et aussi plusieurs gazelles des années antérieures, dont les légendaires France Guérer, Sophie Racette-Villeneuve, Raymonde Legendre, Marie-Pierre Juneau et Francine Plante, qui ont toutes déjà remporté le Grand Prix du Casino.

 

Le prix performance RDS a été remis aux gagnantes du 15e Rallye, l’équipe #103, Annie Lapointe et Brigitte Saucier, qui ont été honorées d’une magnifique ovation et d’une remise de prix surprise de leur commanditaire RONA.

 

Pour la première fois, un prix spécial des Médias est remis afin d’honorer l’équipage novice de l’année. C’est évidemment l’équipage Cendrillon #175, Sonia Brouillette et Pascale Beaudry qui se l’est mérité.

 

Finalement, le grand Prix du Casino de Montréal est attribué par vote secret parmi les équipières de l’année à celles qui ont manifesté le meilleur esprit d’équipe.  Il a été remporté par l’équipe #123 Manon De Arburn et Diane Gauthier.  Vous voyez, les filles, qu’il n’est pas nécessaire de vaincre Mhamid pour être de grandes Gazelles !  De très grandes Gazelles !

 

 

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