Le RALLYE 2006
16e édition du rallye

Du 20 au 27 avril

pour autorisation

         ou

info@gazelles-ag.com

par Pierre Dumas,

le Gazou-gazette

Toute reproduction
ou utilisation interdite
sans l’approbation de l’auteur

CONTENU

2006 : dix ans déjà

Les équipes

Étape 3 - samedi 22 avril

Classement final

De Montréal à Toulouse

Le parcours

Étape 4 - dimanche 23 avril

Essaouira

De Toulouse à Ihandar

Étape 1 - jeudi 20 avril

Étape 5 - 24 et 25 avril

Épilogue

Le Prologue

Étape 2 - vendredi 21 avril

Étape 6 - 26 et 27 avril

Gala du Casino - 6 juin 2006

 

2006 : dix ans déjà !

En 1996, les deux premières équipes de québécoises participaient à la 6e édition du Trophée des Gazelles, en Mauritanie. Il y avait  Sylvie Vincent avec Louise Bergeron. Il y avait aussi Jacinthe Sicotte et Mylène Rouleau, dans un véhicule bizarre considéré comme une œuvre d’art, peint par plusieurs artistes québécois.

Exactement 100 équipes québécoises ont participé jusqu’en 2005. Un total de 201 inscriptions, si on ajoute la participation l’an dernier de Lyne Guérer avec l’anglaise Arlene Winter. Ce sont 163 femmes québécoises qui ont participé, dont Louise Bergeron, Raymonde Legendre et Sophie Racette-Villeneuve : 5 fois et Nathalie Allaire, Claudine Douville, Lyne Guérer et Marie-Pierre Juneau : 4 fois.

Elles sont montées 7 fois sur le podium : l’or en 2002 pour Louise Bergeron et Claudine Douville et en 2005 pour Annie Lapointe et Brigitte Saucier ; l’argent en 2001 pour Maryline Lambelin et Christine Campan ; le bronze ( 2002 ) et l’argent ( 2003 ) pour les double médaillées Francine Plante et Marie-Pierre Juneau ; le bronze en 1997 (le premier podium québécois ! ) pour les comédiennes Sylvie Legault et Danièle Proulx,  et en 2003 pour Geneviève Prévost et Annie Dumas.

 

De Montréal à Toulouse

Cette année, il y a 20 québécoises. La plupart ont quitté mercredi soir le 12, ont transbordé des dizaines de valises de l’aérogare au TGV de Lyon, au car d’Albertville puis à la navette de Jugand chez qui elles ont pris possession de leurs véhicules en fin de journée. Elles ont couché dans la région et transité en convoi vers Toulouse jeudi.

Dimanche 9 avril
c'était le premier
départ... de Dorval !

Geneviève et Annie, entourées de deux grandes gazelles :
France Guérer (2000, 2002, 2003) à gauche
et Francine Plante (2002, 2003, 2004).

Annie et Geneviève ont choisi de partir trois jours plus tôt afin de se reposer et de bien se remettre du décalage horaire. Leurs valises ont eu la décence de ne pas les suivre et de se faire livrer par Air France directement à la maison lundi soir.

Elles ont pris leur véhicule flambant neuf, une Isuzu D-Max, chez Jugand ( le même qui assure l’entretien mécanique de tous les véhicules durant le rallye ).  Et Christian Jugand leur a même, ultime privilège, fait installer une puce d’augmentation de puissance.  Demandez d’ailleurs au premier touareg venu : il confirmera que dans le Sahara, un chameau avec des puces court beaucoup plus vite qu’un chameau pas de puces. Mais finalement, comme tous les chameaux ont des puces, ils courent tous à la même vitesse.

Elles ont plus tard traversé Grenoble où, se sont-elles rappelé avec émotion, leurs parents Élaine et Pierre avaient déjà séjourné durant un mois. Elles ont couché chez les amis Valérie et Guillaume Falque ; leurs enfants Gabriel et Jules se faisaient une fête de manger des crêpes avec du sirop d’érable de la Cabane à sucre Millette, que Geneviève avait toutefois oublié d’emporter!

Puis trois jours chez les amis Ursula et Max Falque, au Barroux, au pied du Mont Ventoux. Max en profite pour leur prodiguer ses judicieux conseils qui, affirme-t-il, avaient été déterminants dans la victoire d’Annie en 2003. Elles sont allées faire sonner la cloche de la chapelle Saint-Christophe, comme Annie l’avait fait avec Geneviève Prévost en 2003 en faisant un vœu… Elles ont aussi visité des vignobles dans Beaume-de-Venise et Gigondas, puis fait du jogging dans les Dentelles de Montmirail.

Toutes les gazelles sont finalement rentrées à Toulouse vendredi soir, le 14 avril.

Les vérifications techniques et administratives :

Toute la journée de samedi, les gazelles font le tour des salles, des tables, des ateliers  et des kiosques, à la Cité de l’Espace de Toulouse, pour :

  • différents contrôles administratifs, financiers, médicaux,  de l’équipement de sécurité, des connaissances en navigation, du marquage publicitaire du véhicule, etc.;

  • récupérer les vestes de Gazelles, les cartes topo, les bracelets d'identification, les rations-repas;

  • faire installer leur balise SARSAT et le terminal de repérage satellite.

Les équipes québécoises en profitent aussi pour apposer les auto-collants de leurs commanditaires sur leur quatre-quatre alors que,  çà et là, des teams font le stickage des stickers de leurs sponsors sur leur four-by-four.

À 17h30, les vérifications sont terminées et les équipages sont tous jugés aptes à prendre le départ.

La réception civique

À 18h, tout le monde part en convoi jusqu’au centre ville où le maire Jean-Luc Moudenc reçoit les concurrentes, les organisateurs et les partenaires dans la salle des Illustres, au Capitole.

La place du Capitole

L'Hôtel du Grand Balcon

Annie et Geneviève se retournent et aperçoivent finalement, au nord-ouest de la Place du Capitole, l’Hôtel du Grand Balcon (photo de droite, au centre). Elles se souviennent avec émotion qu’il est devenu célèbre parce que leurs parents, Élaine et Pierre, y avaient déjà séjourné durant un mois. Les français disent que c’est plutôt parce que les pionniers de l’Aéropostale dont Mermoz, Guillaumet et Saint-Exupéry, y avaient leur pied-à-terre, dans les années 20, quand ils n’étaient pas à Cap-Juby,  Nouhadibou, Saint-Louis, Dakar ou Buenos Aires. Je pense que les français sont un petit peu chauvins...

En revenant à la Cité de l’Espace, les Gazelles ont été impressionnées par une simulation de mise à feu de la fusée Ariane 5, de 55 mètres de haut. Puis  la fête s’est poursuivie par une soirée de gala à l'Astralia, où elles ont eu une immersion totale dans l'espace, grâce à des équipements audio-visuels ultra-performants.

 

De Toulouse à Ihandar

 

Équipe 104 :

les soeurs
Karine et Geneviève
Latour

Le départ vers le Maroc

Dimanche matin, elles se sont rendues dès 8h à la Cité de l’Espace pour les instructions générales de l’épreuve. À 10 heures, on a fait la présentation officielle des équipes et le maire a donné à chacune le signal du départ, devant un public toulousain enthousiaste et une meute de journalistes. J’ai écrit à l’équipe 104 ce matin :

« Bonjour Karine. J’ai lu à la une qu’on vous avait fait l’honneur de partir en première position, pour souligner ton 26e anniversaire. Étant le père de l’autre paire de sœurs québécoises, je ne peux faire mieux que de te souhaiter aussi de tout cœur de finir « dans les premières positions ».  Bon anniversaire, ma belle. Bon Rallye, et surtout amuses-toi bien ».

Équipe 132 :
Annie et
Geneviève
sur la ligne
de départ

Une petite ballade de 230 km entre Toulouse, Carcassonne, Montpellier et finalement Sète, où les québécoises ont probablement cassé la croûte en bordure de Méditerranée. Geneviève et Annie se souviennent avec émotion que leurs parents, Élaine et Pierre, y avaient mangé de ces fameuses moules qu’on cultive dans la baie d’à côté.


Traversier Sète/Tanger

Dès 15h, tout le monde, y compris l’Organisation et tout le personnel d’encadrement commence à prendre place à bord de l’Express Marrakech, de la Comanav, qui a été affrété spécialement pour l’occasion et qui les débarquera en principe mardi matin à Tanger, après une traversée de 36 heures.

Il leur restera alors 830 km de route à faire jusqu’à Erfoud, pour une dernière nuit à l’hôtel, puis Ihandar, pour le prologue.

Et jeudi matin, prêtes pas prêtes, la vraie compétition se déroule jusqu’au 27 avril, pour se terminer à Foum Zguid.

Les Gazelles se déplaceront ensuite le 28 avril de 400 km vers Essaouira, où aura lieu le grand gala et la remise des trophées, samedi soir. Puis un dernier 670 km vers Tanger lundi, en route pour la maison. 

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Le périple 2006

 

La croisière en folie !

La première étape du Rallye a été une vraie épreuve. La Méditerranée était déchaînée et le Marrakech Express a dû ralentir sa course, de sorte que le tangage et le roulis étaient amplifiés.

Je n’avais pas de craintes pour Annie, avec son carnet de route de centaines d’heures sans faillir en hélicoptère, en hydravion et en petite embarcation, ni pour Geneviève, qui est passée sans encombre par 16 mois d’entraînement et de service en vol. Mais plusieurs Gazelles n’avaient pas le cœur solide et ont râlé jusqu’à leur arrivée à Tanger à 17 heures mardi, après 43 heures de mer, 7 heures en retard sur l’horaire.

Plusieurs Gazelles ont néanmoins pris d’assaut le Salon Ménara et son Lido Bar et ont tenu la croisière éveillée jusqu’à tard dans la nuit. Et on peut imaginer que ce sont les québécoises qui ont fermé la place, et ont rejoint leurs cabines en chantant à tue-tête, dans les corridors « C’est à ton tour, ma chère Karine…  ».

Après le débarquement, c’est 12 heures de route qu’elles devaient encore se taper pour rejoindre Erfoud et Ihandar le lendemain matin.  L’organisation a proposé d’annuler le prologue de mercredi. À l’unanimité, les Gazelles ont voté pour son maintien! Le rendez-vous d’Ihandar a toutefois été reporté à midi et on peut supposer qu’elles ont couché quelque part en cours de route et qu’elles ont mis le cap directement sur Ihandar aux aurores.

 

Le Prologue

Les Gazelles sont graduellement rentrées hier à Ihandar, en bordure du Sahara, après une courte nuit. Geneviève et Annie se sont souvenues avec émotion que leurs parents, Élaine et Pierre, avaient passé un mois à l’autre extrémité de ce vaste désert, vers Nouakchott, Saint-Louis et Bamako.

Le Prologue a débuté à 14h30 ; un parcours de 40km, avec 2 balises, pour une acclimatation en douceur. Un peu de sable mais beaucoup de jardinage. Le pointage ne sert qu’à fixer les rangs de départ de la première étape. Les résultats n’ont pas encore été communiqués.

Une seule gazelle d’expérience

Une seule gazelle québécoise de la cuvée 2006 a déjà vécu l’expérience du Rallye, mais c’est une favorite.  La navigatrice Annie Dumas, ingénieure chez SNC-Lavalin, s’est classée troisième en 2003.

Cette année, elle forme une nouvelle équipe sous la bannière Tourisme Laurentides, avec sa jeune sœur Geneviève au volant. Cette dernière est directrice des opérations de l’hôtel Fairmont Tremblant, quand elle ne pilote pas son Isuzu D-Max dans le désert.
(Monelle Saindon, Le Journal de Montréal, mercredi 19 avril 2006)

 

Les équipes

Il y a 76 équipes en tout, dont  7 équipes dans la classe SUV ( probablement des VSU en marche arrière ) ; on ne suivra pas cette classe, où il n'y a pas de québécoises inscrites et qui utilise un parcours différent, plus facile.

Les 4X4

Elles sont 65 équipes, numérotées de 100 à 166 (pas de 113, de 143 ni de 155 ). 40 sont complètement novices ; 12, comme Geneviève et Annie, comprennent une novice et il y en a 13 dont les 2 gazelles ne sont pas à leur première participation. Il y a 9 équipes québécoises, dont 8 novices :

100 - Techni-Seal : Liette Tremblay et Lina Deleemans 
101 - Loto-Québec  : Sonia Renon-Chevrier et Line Robin
102 - Casino de Montréal : Nicole Vachon et Debra Turpin
103 - Les Hôtels Jaro : Lucie Breton et Annie Robitaille
104 - Alcan : Geneviève et Karine Latour
119 - K²  : Karla Mejia-Duval et Karine Désormeaux
127 - Transcontinental : Geneviève Lebrun et Marie-Josée Létourneau
131 - Entreprises Dufour : Joséanne Dufour et Catherine Gignac
132 - Gazelles des Laurentides : Geneviève et Annie Dumas
                                                   (Annie a eu le bronze en 2003)


Équipe 132 –- Annie
et Geneviève, Toulouse,
samedi 15 avril 2006 

Pour la première fois, une équipe canadienne non québécoise :

122 - Tri-City Jeep Club : Susan Sneekes et Christina Geddes.

Il y a aussi 42 équipes françaises, 5 marocaines, 2 belges et 1 de chacun des pays suivants : Italie, Sénégal, Slovaquie, Allemagne, Angola et Angleterre.

Il faudra particulièrement surveiller :

135 - Isuzu : Carole Montillet et Mélanie Suchet, les championnes de ski, à leur 4e participation ; elles ont remporté l’or en quads en 2004 et 2005

138 - Questions de femmes  : Corentine Quiniou et Florence Bourgnon, 4e et 2e participation,  médaille d’argent en 2005 en 4x4

Parmi les vedettes du Rallye, mentionnons :

109 - Syndiély, la fille du président sénégalais Abdoulaye Wade  ; on se souviendra qu’elle avait virtuellement dominé le Rallye pendant un bout de temps l’an dernier  ; elle avait terminé en 10e position.

120 - Annick Denoncin, qui détient le record de participation, avec 10 ; tellement que ce champ n’ayant qu’un seul caractère sur les fiches des équipes,  le zéro a été tronqué et on lit « 1e participation ».

151 - la super-modèle Margareth Lahoussaye, qui en est à sa 9e participation ; la prochaine fois, elle sera tronquée.

158 - le mannequin-vedette slovaque Adriana Karembeu ( alias Adriana Skleranikova ).

161 - miss Belgique 2003 Julie Taton ; espérons qu’elle n’aura pas la malchance de miss France 2004 qui avait perdu sa banderole pendant le Rallye  l’an dernier, pour avoir posé dans Playboy ; je connais par contre certains gazous qui espèrent le contraire ; la coéquipière de Julie est aussi animatrice-présentatrice à la télévision belge et ne cesse de répéter « Pour la millième fois, mon nom est Nancy Sinatra, mais je ne suis pas LA Nancy Sinatra ».

Les quads

Il n'y a pas de motos cette année dans cette classe. 4 équipes, dont les québécoises :

20 - GFI : Renée-Claude Lafontaine et Doryne Bourque, qui sont là pour gagner.

Les équipes 21 et 23 sont françaises.  Les belges de l’équipe 22 sont les seules à avoir déjà participé.

  

 

Le parcours

On entend souvent, à propos du Rallye, l’affirmation « une compétition de 2500 km en 8 jours dans le désert du Sahara ». Pour être exact, il faudrait préciser que le périple « officiel » des Gazelles comprend 12 jours de route, débute à Toulouse et se termine à Essaouira et inclut le prologue ainsi que les liaisons Toulouse/Sète, Tanger/Ihandar et Foum-Zguid/Essaouira.

La vraie compétition dure 8 jours dans le désert et totalise 1140 km répartis en 6 étapes, avec 45 balises à pointer :

étape 1 :

une boucle autour de Ihandar, sans trop de difficultés de conduite ni de navigation ;

étape 2 :

une autre boucle autour de Ihandar ; on commence à voir du sable et il faut aiguiser sa boussole ;

étape 3 :

une longue liaison de Ihandar à Znaïgui  ( près de Taouz ) ; il y a de plus en plus de sable, des franchissements corsés, de la pierraille ;

étape 4 :

terrifiante ; 5 balises dans le gros sable, entre autres dans les l’erg Chebbi ( dunes de Merzouga, les plus hautes du Maroc ) ; les Gazelles peuvent par contre choisir chaque fois, moyennant pénalité, une balise plus facile, avec un parcours moins long, sur le dur ;

étape 5 :

longue étape marathon de 2 jours, avec coucher à la belle étoile, de Znaïgui à Mhamid ; pas de grandes difficultés; il faut rouler « au cap » le plus possible ;

étape 6 :

la plus difficile du Rallye, une autre étape marathon, avec des balises jokers bien cachées dans l’erg Chegaga ( dunes de Mhamid ), le plus vaste espace dunaire marocain ;

     
  Date

Bivouac

Longueur en Nombre Durée
Étape (avril) de à ligne droite  de prévue
    départ l'arrivée (km) balises (hres)
1 20 Ihandar Ihandar 155 6 8,8
2 21 Ihandar Ihandar 185 7 10,3
3 22 Ihandar Znaïgui 150 7 11,0
4 23 Znaïgui Znaïgui 125 5 8,8
5 24-25 Znaïgui Mhamid 330 13 18,8
6 26-27 Mhamid Foum Zguid 195 7 19,8
  8 jours     1140 45 77,5
 

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Le parcours de 2006

La vitesse sera très importante

Contrairement aux années antérieures, les dernières balises des étapes de 2006 sont situées au-delà du bivouac, si bien que les équipes retardataires pourront concéder les dernières balises sans avoir à se taper tout le reste du chemin en empruntant des pistes, souvent de nuit. D’où un risque moindre d’avoir éventuellement à annuler des balises et des étapes, comme cela arrivait souvent, à cause de l’épuisement d’un grand nombre d’équipes. Ce qui déplaisait d’autre part aux équipes qui entraient tôt au bivouac, en relativement bonne forme et qui perdaient ainsi leur chance de prendre ou de consolider leur avance au classement.

Autre nouveauté cette année : les jumelles, les longues-vues et zooms numériques, permettant de trouver les balises de loin, sont interdits, d’où nécessité d’une navigation plus précise. Les walkies-talkies sont aussi interdits : la gazelle navigatrice ne peut donc plus partir en reconnaissance à pied et donner à distance des instructions à la gazelle pilote.

Depuis 2003, contrairement à ce qu’on entend souvent, la vitesse est devenue importante dans le Rallye. C’est vrai qu’une équipe qui arrive après l’autre ne  perd pas plus de points. Mais c’est aussi vrai qu’une équipe rapide et qui ne perd pas de temps à trouver les balises arrive aux dunes avant que le sable encore frais ne soit trop coulant,  peut parcourir une plus grande distance avant que ne se lève une tempête de sable, arrive à la dernière balise pour la pointer avant que ne se  couche le soleil et arrive au bivouac avant que de n’avoir plus le temps de prendre une douche (ouf !).

Avec les nouvelles règles de cette année, la vitesse sera d’après moi encore plus importante et déterminante pour le classement. La ligne de conduite à suivre sera donc celle qu’avait déjà indiquée la pilote Marie-Pierre à sa navigatrice Francine : « Prends tout ton temps, mais fais ça très vite! ».

Plusieurs parcours

Comme l’Organisation a pensé un moment qu’il pourrait y avoir une centaine d’équipes cette année, on a prévu 4 parcours plutôt que 3, en plus du parcours spécial réservé aux SUV. Comme il n’y aura finalement que 69 équipes à y concourir (incluant les quads), les parcours ne seront pas encombrés, avec  en moyenne 17 véhicules sur chacun d’eux. Ceux-ci seront attribués par tirage au sort, identifiés aux concurrentes comme les parcours a,b,c et d et montrés en couleurs différentes sur les cartes de suivi.

 

ÉTAPE 1 : 155 km, 6 balises, 8h50

Dans des regs et oueds toute la journée, peu de sable, orientation facile grâce aux nombreux jbels (montagnes). Une passe difficile à trouver entre la 2 et la 3 ; on la voit très bien sur Google Earth, mais elle n’est pas indiquée sur leur carte… mais Annie y était passée en s’en souviendra probablement.  Du sable entre la 3 et la 4.  Après la balise 5, on peut rentrer au bivouac, à 6km.  Pour les coriaces, un autre 12,5 km pour trouver une balise 6 bien cachée en arrière des rochers puis encore 16km jusqu’au bivouac.


Étape 1, parcours C
 

Fin de l'étape 1,
pour tous les parcours

 

Geneviève et Annie prennent le départ à 6h. À 7h50, elles pointent leur première balise. J’entends d’ici vos cris enthousiastes : Go Go Laurentides, il n’en reste que 44 ! Annie reconnaît l’endroit : c’était la balise 2 de la 4e étape, en 2003. À 9h10, elles sont dans le peloton de tête, tout près de la 2e balise, plantée au milieu d’une vaste plaine. Mais elles la dépassent,  pour s’arrêter 4 km plus loin, y demeurer plus d’une heure puis revenir pointer la 2. Annie nous a expliqué ce soir qu’elle était un peu endormie et avait cartographié le parcours «D» plutôt que le «C». C’est pour çà que nous les avons vues aller un peu trop au sud vers la 1. Elle a réalisé son erreur juste à temps et refait, un peu trop vite, son nouveau tracé et passé tout droit à la 2, la pensant plus loin.  Elle a marqué un temps d’arrêt et bien refait ses devoirs.  Une erreur qui aurait pu leur être fatale mais qui ne leur coûtera finalement qu’une vingtaine de kilomètres, plus quelques autres pour le reste du parcours. Annie a promis qu’elle ne recommencerait plus…

Ensuite c’est la fuite en avant, avec une navigation au cap, 2 roues de chaque côté de la ligne, pour rentrer au bivouac vers 17h30, à peu près en même temps que 100 ( Techni-Seal ) et 119 ( Karla et Karine, K² ) qui, elles aussi, ont pointé toutes les balises

En chemin, elles ont eu la courtoisie de désensabler Adriana Karembeu.  J’espère qu’elles l’ont bien saluée de ma part.

Les favorites françaises 135 et 138 ont cheminé côte à côte à partir de la 2.  Elles sont arrivées à 13h près de la 6 et l’ont cherchée ensemble pendant plus d’une heure.  Elles ont été parmi les premières à entrer au bivouac.  La prochaine fois, ce serait bien qu’on les mette sur des parcours différents...

Maintenant, il faut que je vous parle de la 102, Casino de Montréal, parce qu’ils sont bien une bonne douzaine du clan Vachon qui se sont inscrits sur notre liste d’envoi (qui compte plus de 170 adresses). Elles ont fait une course un peu lente, mais correcte, jusqu’à ce qu’elles se tankent en voulant atteindre la 4e balise. Elles ont été aidées par 103 (Jaro) qui revenait de la 4 et les deux sont rentrées ensemble en concédant la 5 et la 6.

101  –  Loto-Québec : a passé 2 heures  à chercher la 5 et est entrée.
104 
  les sœurs Latour : se sont aussi prises avant la 4 et ont manqué les 3 dernières balises.
127 
  Transcontinental : immobilisée avant la 5, au coucher du soleil.
131 
  Dufour : sont prises dans le sable entre la 2 et la 3 depuis 14h.
122 
  Les canadiennes non québécoises semblent avoir pointé la dernière balise
           avant le coucher du soleil et auraient donc aussi un sans faute.
 20 
  Du côté des quads, Renée-Claude et Doryne ont fait un beau sans faute.

« Pa, remercie tout le monde pour les courriels qu’ils nous envoient.  Çà aide! »
 –
Annie et Geneviève

Incidemment, tout le monde, merci pour les courriels que vous leur envoyez, via laposte.net.
Çà les aide...

Note : Le suivi sur carte, sur le site officiel, est excellent cette année : les données sont mises à jour automatiquement toutes les 10 minutes.  Le suivi sur Google Earth n’est pas encore à point.

Classement   (voir tableau : Le classement)

Comme nous vous l’avions annoncé en primeur, 100 (17e position), 119 (14e. Bravo K2) et 132 (22e) sont classées dans les premières, avec des sans faute ; la position, basée seulement sur les km, ne veut rien dire à ce moment-ci : 25 équipes ont moins de 50 points.

Les ontariennes  (122) ont eu la dernière balise par la peau des dents et  dépassent 132 au palmarès.

Les françaises 135 et 138 ont terminé en 1e et 5e places.

Jean-Pierre Berthet, directeur de course, a rappelé ce matin  quelques points du règlement : «Jusqu'à la fermeture du CP à 19h40, interdiction absolue de se suivre». Hier cinq équipages ont été pris en flagrant délit, ils ont eu droit à un avertissement. (On le sait, on les a très bien vues…).

102, 103 et 104 : comme prévu, plus de 300 points (45, 44 et 49e)

101, 127  : ont pointé une balise de plus que je pensais,  32e et 31e

131 : ont effectivement loupé 4 balises, 55e

Chez les quads, 23, 22 et les québécoises 20 ont 15, 17 et 21 points de pénalité. 21 n’est déjà plus dans la course  à 396.

« J'ai des papillons jusqu'au bout des orteils. Moi, je suis nerveuse parce que c'est la première fois.  Annie est nerveuse parce que c'est la deuxième fois », confie Geneviève juste avant de s'attaquer à la première étape de 155 kilomètres.

Malgré deux années d'abstinence (elle avait terminé troisième en 2003), Annie n'a pas perdu la touche. Rencontrées à la cinquième balise en milieu d'après-midi, les soeurs Dumas filaient à vive allure.

« Nous avons perdu 20 km parce que nous sommes parties sur le mauvais parcours. Mais ça va bien, on se rattrape. Nous sommes présentement 4es ou 5es sur notre parcours. Nous allons pointer toutes nos balises aujourd'hui », affirme Annie avant de mettre le cap sur l'ultime balise du jour.      (Manon Gilbert, Radio-Canada.ca Sports, 20 avril 2006) 

 

ÉTAPE 2 : Ihandar/Ihandar, 8 balises, 185 km, 10h15

Des pistes entre les escarpements jusqu’à la 4e balise : prendre les bons embranchements. Plusieurs bancs de dunes entre la 4 et la 6, cette dernière perchée dans la rocaille; La balise 7 est en arrière de la barre rocheuse qu’il faudra traverser par la même passe qu’hier. Encore un peu de sable avant d’entrer au bivouac.  Pas de difficulté importante, on progressera vite.

De fait, presque tout le monde avait passé la 4e à 11h30. Puis tout le monde s'est mis à jardiner, certaines beaucoup plus que d'autres.

132  a fait un excellent parcours sans faute. Exécuté de façon très serrée, avec même une manœuvre téméraire à la 6 qu’elles sont allées chercher par l’ouest, plus court mais avec du sable, plutôt que par l’est, plus facile mais plus long. Elles semblent avoir un peu joué dans le sable.

Salut Pa ! Quelle belle journée ! Ç’a a été génial, comme tu as vu : droit au cap. Ensablées dans des dunes pendant 1 heure, mais cette fois c’est Adriana Karembeu qui nous a poussées ! Ensuite on a plongé pendant 5km dans des dunes. C’était super le fun ! On s’entend très bien et avons du plaisir.

119  k² a aussi fait un sans faute. Mais un moment d’inattention après la 8 : elles prennent une fourche à gauche et s’éloignent du bivouac, vers Fezzou, jusqu’à ce qu’elles croisent des véhicules rentrant en sens inverse. Ça pourrait leur coûter la tête du classement québécois.

Les quads 20 ont aussi fait un sans faute.

Les françaises 135 et 138 étaient sur le même parcours et sont rentrées à quelques minutes d’intervalle, avec toutes les balises.

Dies horribilis pour les autres québécoises

100  Techni-seal était déjà près de la 5 à 11h  ; elles ont jardiné et tourné autour pour ne la pointer que vers 15h  ;  elles ont demandé l’assistance mécanique au sud de la 6

101  Loto-Québec ont jardiné autour de la 5 puis se sont prises près de la 6  ; elles ont abandonné à 17h et rentrent par Fezzou

102  Casino : ont jardiné 4 heures au sud de la 4  ; abandonnent à 14h30 et rentrent

103  Jaro : complètement perdues au NW de la 4  ; tournent de bord à 15h30

104  Sœurs Latour : ont tourné 4 heures autour de la 5  et se sont complètement perdues loin au SE de la 6 et  sont sorties de la carte du parcours

127  Transcontinental : sont restées prises 4 heures dans le sable près de la 5 et ont demandé l’assistance mécanique

131  Dufour : elles ont dû échapper leur GPS de localisation à la balise 4, car on les y a vues toute la journée et la soirée. Elles ont pointé la dernière balise de justesse, pour un merveilleux sans-faute et se sont  fait prendre par la noirceur et ont dû coucher à 12 km du bivouac.

Les Dumas, meilleures Canadiennes

Les soeurs Geneviève et Annie Dumas continuent de se distinguer. Journée parfaite vendredi. Provisoirement treizièmes, elles représentent le meilleur équipage canadien pour le moment ( Manon Gilbert, Radio-Canada, 21 avril ).

Elles ont fini l’étape en 7e place et devancent 119 de 25 points au classement québécois. Au classement général, elles sont respectivement 13e et 17e. 103 est la seule autre équipe dans la première moitié du classement, en 30e.

À part ça, 101 passe  en 33e et toutes les autres sont dans la deuxième moitié.

Finalement, les quads 20 n’auraient pas pointé la dernière balise. Elles étaient juste à côté. Elles demeurent 3e au général, à 190 points. 21 est à 461.

Les ontariennes étaient fières d’un parcours parfait.  On leur apprend qu’elles ont pointé la mauvaise 5. La 6, la 7 et la 8 ne peuvent donc pas compter.  400 points d’un seul coup.  Elles sont démolies.

C’est la fille du président Wade qui a gagné l’étape ; elle est 2e au général, derrière 138  et devant 135. Après sa 2e place à la première étape, le Walf Fadjri de Dakar écrivait :

Habituée de ces aventures automobiles comme le Paris-Dakar, la sénégalaise s'est préparée pour monter sur le podium de cette 16e édition du Rallye.  Une compétition qui tient en haleine les férus de course automobile à travers le monde. L'appétit venant en mangeant, cette performance devrait pousser la fille du président à nourrir l'ambition de monter sur la plus haute marche du podium.

Nous sommes de tout cœur avec les sénégalais ce matin. Les tams-tams ont dû se refaire aller à Tambacounda, mais cette fois pour une bonne raison. On se souviendra en effet que l’an dernier une erreur d’informatique avait mis Syndiély en première position et que le Soleil de Dakar ne cessait d’en remettre ! ( voir le compte-rendu de 2005, 5e étape : Vive l’informatique ).

À propos de classement

Pa, Il y a des professionnelles sur le circuit (Gagnantes du Paris Dakar et autres) alors pour classement, on verra...

Ah ben là ! Je suis sûr qu’il y a plein de professionnelles qui disent : « Il y a plein de québécoises sur le circuit, alors pour le classement on verra… ». L’histoire du Rallye est pleine de Gazelles qui étaient pourtant sûres d’aller chercher une médaille… Le bronze s’est gagné en 2003 avec 770 points, en 2004 avec 1130 et en 2005 avec 1056.  Tout se joue sur des grosses différences, des coups géniaux, des bris mécaniques.  Et tant que vous continuerez à faire des sans faute… Geneviève s’est convaincue depuis un an qu’elle a la force et la détermination pour aller chercher un podium. Toi, Annie, tu sais déjà que tu en es capable et tu ne voudrais pas la décevoir.  Et quand c’est gagné dans la tête… Mais je suis sûr que vous dites çà pour que je ne sois pas déçu, si jamais… Ben voyons donc, les filles ! Dans ma tête, vous avez déjà gagné depuis longtemps. Tout le reste, c’est du pur plaisir, et je vois que vous en avez beaucoup.

Toute seule sous mon casque

À lire absolument ce magnifique texte de Manon Gilbert :
http://www.radio-canada.ca/sports/PlusSports/2006/04/21/006-chronique-vendredi2.shtml

«Un an à se préparer intensément pour affronter l'aridité du Sahara. Certaines gazelles n'ont rien négligé. Elles ont mis le paquet pour passer le test du désert. Entraînements intensifs, évidemment supervisés par un entraîneur, yoga, nutritionniste. C'est le régime auquel Doryne Bourque et Renée-Claude Lafontaine se sont astreintes.»

 

« Aujourd’hui, en traversant le village de Fezou sur leur quad, tout a basculé […]. Pas pour la difficulté du parcours, pas pour la chaleur intense. Mais pour la futilité de la chose. Complètement bouleversées par la rencontre d'une jeune fille de 15 ans qui leur tendait un bébé, une façon déguisée de leur demander quelque chose pour son enfant… Elles ont continué à rouler, à rechercher les balises, mais surtout à ruminer seules sous leur casque, à tout remettre en question. »

 

« Elles ont éclaté en sanglots quand une collègue leur a demandé si elles avaient croisé des bambins sur le bord de la route. Soudainement, leur présence au rallye est devenue presque insignifiante à la vue de toute cette pauvreté. Quand des mères et des enfants vous demandent de l'eau, une ressource qu'on gaspille abondamment chez nous, il y a de quoi faire réfléchir, il y a de quoi se dire que les 40 000 $ dépensés pour la participation au rallye auraient pu être investis de façon plus judicieuse. »

 

Quant à moi, j’essaie de ressasser mes souvenirs et impressions de travail et de coopération, depuis maintenant 20 ans, en Afrique de l’Ouest, et particulièrement dans le Sahel.  De me resituer et de me redéfinir dans toute cette problématique nord-sud, richesse-pauvreté, aide-coopération, Canada-Monde, etc.

Je cherche les bons mots à adresser à Renée-Claude et à Doryne

Et je ne peux pas les trouver

Nous ne pouvons pas refaire le monde en un jour

Et nous n’avons pas tous le courage de tout foutre en l’air

Et de devenir une mère Thérésa ou missionnaire au Viet-Nâm

Nous sommes probablement très nombreux, aujourd’hui, à chercher ces mots

Et c’est peut-être tout simplement ça une partie de la réponse

Et nous serons tous aussi un peu meilleurs pour autant

Et répandrons un peu plus d’amour autour de nous

Et pratiquerons la charité de la façon qu’il nous est possible de le faire

Et ce ne serait pas arrivé si vous n’aviez pas chevauché vos quads

Et vous n’êtes désormais plus seules sous vos casques

Finalement, j’ai quand même réussi à trouver quelques mots

Mais jamais aussi beaux que les vôtres

Qui valent bien des sermons de grand-messe.

 

Étape 3 : Ihandar/Znaïgui, 8 balises, 150  km, 11h

Encore du sable à passer pour atteindre la 2.  Puis un univers minéral où il faut trouver les meilleures passes vers la 3.  Balise 4 située à Mekta Sfa, point de traversée de l’oued Rhéris.  

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Puis une longue liaison par des pistes obligées pour atteindre les abords de l’erg Chebbi, qu’on touchera à la 6.  De là, les retardataires pourront rejoindre le bivouac, à 8 km par la piste.  Les rapides et vaillantes se taperont un autre 67 km pour pointer la 7 et surtout la 8, qui est le « joker » de cette étape, difficile d’accès et dans un relief très accidenté pour le retour au bivouac.  Il faudra donc être très rapide jusqu’à la 4 si on veut avoir la possibilité de se rendre jusqu’à la 8 et surtout d’en sortir avant la nuit.

Geneviève et Annie ont leur départ tard à 6h20 et sont à la 1 à 6h50. Annie cartographie le reste du tracé et on redécolle à 7h15. À 10h30, elles quittent  déjà la 4, dans le peloton de tête.  Adriana est en avant d’elles, de plus en plus impressionnante.

À 13h, elles arrivent à la 5, à côté du village de Merzouga, en même temps que K² 119 ainsi que les françaises 135 et 138.  Les meilleures québécoises et françaises ont 6 heures pour pointer les 3 dernières balises. Le gros des troupes est encore en arrière de la 4.

119 et 132 ramassent le joker

Annie et Geneviève sont demeurées une heure à la balise 5 et redémarré à 14h.  Elles sont arrivées à la 8 vers 18h, à peu près en même temps que K² et que Syndiély Wade. Les françaises 135 et 138 sont passées peu avant.  Après la balise 8, il est très difficile de trouver un chemin au travers des rochers. Tout le monde cherche à peu près dans le même coin.  Passé 19h, les françaises font une trouée vers le N et les québécoises vers le NW.  On réussit à passer le pire à la tombée de la nuit. C’est ensuite une recherche à l’aveuglette pour rejoindre des sentiers qui éventuellement aboutiront au bivouac, que les françaises atteignent à 20h30 et les québécoises à 20h50. Ouf !

Je suis très impressionné par les novices 119 Karla et Karine, et je leur ai dit ce soir. Dès le départ, elles ont démontré leur compétence et leur acharnement et ont fait un parcours impeccable. Je suis évidemment aussi très impressionné par mes filles, mais çà, je m’y attendais un peu plus !

Les autres québécoises ont aussi progressé aujourd’hui. 102 et 104 ont fait la balise 6. 104 l’a atteinte tout juste avant le coucher du soleil ; elles se sont prises dans le sable, en sont sorties à 21h et sont rentrées au bivouac à 21h30.  100 et 20 sont aller pointer la 7 avant de rentrer. Loto-Québec 101 a eu de la misère dans le sable à la 6 et il n’est pas certain qu’elles l’aient atteinte.

D'autre part, on n’a pas vu 127 ni 131 de la journée, leurs GPS ne répondant plus.

Gazelles Laurentides ont  terminé l’étape 3 en 3e position

En pleine possession de leurs moyens, les soeurs Annie et Geneviève Dumas ne cessent de progresser au classement. Elles occupent la neuvième place, à 50 points des meneuses, les Françaises Corentine Quiniou et Florence Bourgnon. L'équipage sénégalo-français formé de Syndiely Wade et Valérie Petoin-Dot se retrouve en deuxième position devant les ex-skieuses françaises Carole Montillet et Mélanie Suchet.
(Manon Gilbert, SRC, 21 avril)

132 : Geneviève et Annie n’ont perdu que 24 points, 6 de plus que 135 et 1 de plus que 138. Au cumulatif, elles sont 11e avec 93 point, 46 en arrière des meneuses.  119 est en 13e, avec 51 points, 15e au cumulatif.  Les autres québécoises sont au-dessus de 200.

127 a eu une journée très difficile, trouvant seulement 2 balises. Elles se sont finalement rendu compte, après 3 jours, que leur boussole pointait 6 degrés trop à droite.  Au bout de 20 km, toute une différence !  543 points de pénalité.

131 n’a pas fait les 2 dernières balises, 276 points.

161 : Miss Belgique Julie Taton et Nancy Sinatra gagnent leur ciel très difficilement. Première étape : panne de freins, ne pointent aucune des 5 balises, 443 points ; 2e journée : se rendent à la 3, reviennent au bivouac à 13h, perdent 5 balises, 417 points  ; 3e étape : partent très tard, perdent les clés de leur véhicule verrouillé, près de la 2 qu’elles quittent à 17h après assistance mécanique,  768 points. Beaucoup de Tatonnage, donc !

 

Étape 4 : Znaïgui/Znaïgui,  5 balises 125 km, 8h50

Une journée qui s’annonce démoniaque car les 5 balises sont serties dans l’erg Chebbi, que l’Organisation annonce comme les plus hautes dunes d’Afrique ; mais les gradués de Sahara-101 savent qu’il n’en est rien. Et entendons-nous bien aussi : même si les 13 montagnes de sable de l’erg font le Mont Belle-Neige ou le Mont Saint-Sauveur, les Gazelles n’auront pas à les gravir et resteront dans les vallées de sable.

Mais elles pourront aussi choisir à chaque balise une alternative sur le dur, moyennant une pénalité importante dont on se garde toutefois de nous indiquer la valeur. Mais attention : il faut faire les balises dans l’ordre, si bien que si vous décidez  de sauter la 2-sable, il faut aller chercher la 2-dure très loin dans le champ, avant de revenir à la 3-sable.

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À cause de la difficulté, on a prévu donner le départ une demi-heure plus tôt, soit à partir de 5 heures, pour qu’elles puissent profiter plus longtemps de l’air frais et du sable froid, donc moins coulant. Mais ce n’est finalement qu’à 6h que les premiers 4x4 s’élancent. 132 court aujourd’hui avec les meneuses 109, 135 et 138 ; à 6h20, 109 et 135 sont lancées ; 132 à 6h45 et 138 à 6H50.

Que s’est-il passé?

100 et 119 pointent  la 1 un peu avant 8h et foncent vers la 2.

132 y arrive à 8h et progresse ensuite très lentement.

Les autres québécoises, 101, 102, 103, 104, 127 et 131 pointent la 1 entre 9 et 10h.

Et là, on se rejoint entre les dunes.

103 et 132 d’une part.

101, 127 et 131 d’autre part.

À 11h30, 101, 104, 127, 131 pointent la 2 et y demeurent jusqu’à 12h30 ; on suppose qu’elles sont allées en pousser d’autres.

À 12h30, 102 et 131 ont pointé ; 102 à 13h.

Et tout ce beau monde détalle à partir de 13h et parvient, dans un formidable unisson, à se sortir de l’erg Chebbi, au droit de la 2, à 15h30, où on voit 132 prendre le chemin du bivouac, qu’il rejoint à 16h.

Les autres, 101, 102, 103, 104, 127 et 131 restent là. Elles ne bougent pas.

À 16h, à l’unisson, elles tournent le dos aux dunes et s’alignent vers le bivouac, où elles sont à 16h30.

L'inquiétude des uns et l'allégresse des autres !

Mais que s'est-il passé?...  Les meneuses étaient pourtant passées par le même chemin et étaient toutes sous la douche à midi, avec 5 balises-sable en poche et un podium à portée de la main.  Ceci s’est passé il y a maintenant 9 heures... et nous n’en savons pas plus.  Et dois-je ajouter que ce soir, Élaine et Pierre sont terriblement inquiets...

Puis, en soirée, cet article de Manon Gilbert, SRC/Sports : Des dunes de plaisir

La plus belle étape de cette 16e édition. Les filles ont tôt fait d'oublier la fatigue des derniers jours pour profiter au maximum des dunes de Merzouga.   Geneviève Dumas (photo) était elle aussi encore sur un nuage. « C'est super tripant. J'en ai la chair de poule.  Dire qu'hier, on voulait les contourner. »

Photo :
Manon Gilbert,
SRC/Sports,
23 avril 2006

Les gazelles québécoises ont surmonté leurs craintes et aucune d'entre elles ne l'a regretté même si elles n'ont complété que les deux premières balises de ce parcours alternatif de 125 km.  Certes, il y avait une option plus facile sur un parcours hors sable.  Mais tant qu'à avoir investi autant depuis des mois, autant en avoir pour son argent.  Donc, elles ont préféré le plaisir au pointage.  Surtout que les dunes de Merzouga offrent des paysages à couper le souffle, des paysages qu'elles ne reverront pas de si tôt. « C'est la plus belle journée du rallye », nous lance Line Robin...  »

D'ailleurs, point marquant de cette étape, l'entraide et l'esprit d'équipe ont pris le dessus sur la performance.

Cependant, la tempête de sable a mis fin à leur belle aventure. Après avoir trouvé les deux premières balises, elles ont rebroussé chemin, la navigation étant devenue impraticable.

Ouf !  Mais alors pourquoi, diantre, Geneviève et Annie sont-elles entrées une demi-heure avant les autres?

En tout cas, ce soir, nous dormirons finalement mieux que nous l’aurions pensé un peu plus tôt.

Et surtout en voyant toutes ces belles femmes si heureuses.

Et en sachant qu'il n'y a pas eu d'accident.

Et surtout en ayant la confirmation que ni les unes ni les autres ne tiennent tant à ce podium, si ce devait être au prix de leur plaisir.

Le clan Vachon et moi sommes tellement d’accord sur ce point !

Classement

Je crois comprendre qu’il y avait 100 poins additionnels de pénalité pour une balise facile, par rapport à une balise-sable.  Une balise non pointée coûtait donc 200 points.

24 équipes en « compétition officielle » ont moins de 100 points.  Parmi elles, il faut mentionner Adriana Karembeu, qui devient définitivement ma gazelle Cendrillon. Samedi soir, après cette dernière balise infernale de la 3e étape, elle se trouvait tout près des meneuses ainsi que de 132 et 119.  Mais elle n’a pas trouvé l’issue entre les rochers et a dû coucher sur la dure, avec 5 autres équipes.  Levée tôt hier matin, elle atteint le bivouac à 7h30, prend à peine le temps de faire le plein, décolle à 8h et va se taper les 5 balises-sable.  Elle est maintenant 16e au classement général et 2e chez les novices.

Il y a ensuite Liette Tremblay et Lina Deleemans, Techni-Seal, mais appelons-les L², seule équipe dans les 300, qui n’ont manqué qu’une balise.

Puis 119 K² Karla et Karine qui, avec 6 autres équipes, ont manqué 2 balises et sont dans les 500.
Elles prennent la tête des 4x4  québécois, 150 points devant  132 et sont 7e parmi les novices.

Puis 4 équipes dans les 600.

Puis le peloton de québécoises entre 715 et 722.

Les ontariennes avaient jardiné pendant 4 heures autour de la 1 et sont rentrées avec 1042 points.

Les quads 20 ont un sans faute et une autre 3e place avec 13,1 points, les autres ayant 10,9 et 12,6 !
Elles sont en tête du palmarès canadien.

 

Étape 5 : première étape-marathon :
Znaïgui/Mhamid, 13 balises, 330km, 18h45

Une longue piste jusqu’à la 2e balise, où le paysage s’ouvre ; on traverse plusieurs oueds. Du sable à la 3, une passe à trouver entre la 4 et la 5 puis une très longue plaine à parcourir jusqu’à la 8.

Les 13 balises de la 5e étape

Le parcours de la première journée

Le Rallye passe toujours dans ce secteur. D’habitude, le tracé passe par le cirque de Tafenna, une formation ovale de 15x8km bordée de hautes falaises, d’où l’eau ne s’échappe pas et qui pourrait éventuellement devenir une réserve faunique pour un troupeau de gazelles. Tiens donc! Mais cette année, on étrenne un nouveau secteur par l’oued Mirn, au sud du cirque.  Le parcours passe tout juste à côté du bivouac de Mhamid. Les plus rapides pourront alors faire encore 70km pour pointer les 4 dernières balises.   À la 11, elles sont à l’endroit ou le Draa cesse d’être un oued pour devenir une hamada ( voir Sahara 101 ), où se tiendra la dernière étape.  

La première journée

Une tempête de sable a soufflé tout l’avant-midi, rendant la conduite difficile.  Puisqu’on suivait des pistes, la navigation n’a pas été un problème jusqu’à la 2, que le peloton de tête, avec 100 L² en chef de file, atteignait à 8h.  Elle a été plus corsée par après, jusqu’à ce que le vent tombe, vers midi.  Le ciel est par contre couvert de cumulus menaçants et il tombe çà et là quelques gouttes de pluie.

On espère qu’il ne pleuvra pas ce soir pour que les Gazelles puissent faire leur traditionnel repas gastronomique autour d’un feu de camp en chantant quelques chansons à répondre,  et qu’elles pourront dormir sous les étoiles.

  Au coucher du soleil, les québécoises ont pointé :

102 et 127 : la 3 ;      104 et 119 : la 4 ;      20 : la 5 ;     131 et 132 : la 6 ;

100 : arrivent à la 3 à 9h50 ; on apprend qu’elles ont demandé l’assistance mécanique. Elles retournent sur leurs pas à 10h15, sont à la 2 à 10h45, s’immobilisent à midi 14 km à l’ouest de la 1, font un autre 4 km à 1h15 et s’immobilisent une 2e fois ; à 19h45, elles bougent, passent à Rissani à 20h20 et reviennent sitôt vers le circuit et à 22h, elles sont revenues à la 2.  Quelqu'un peut-il expliquer ?

101 : auraient eu un problème d’embrayage et ont passé la journée et la nuit dans le secteur de la 3e balise.

103 : se sont immobilisées à 10 heures juste après la 2 : problème d’embrayage, demande d’assistance mécanique ; reparties à 17h, elles ont encore des problèmes juste avant d’atteindre la 3 ; sont revenues à la 2 à 19h40 et y passent la nuit.

La Toyota Land Cruiser se changera en citrouille à minuit  !

Et maintenant, en grande primeur, je vais vous conter une triste nouvelle, mais drôle à la fois. 

Adriana (158) a progressé de façon parfaite toute la journée.  Elle pointe la 5 bleue à 17h40 et devrait coucher à la 6, où sont Annie et Geneviève. La feuille de route leur indique de faire 44,3km avec un azimut de 305 degrés pour atteindre la 6. Elle fait ses 44,3km, se retrouve au milieu d’une gorge à l’ouest de Tissemoumine. Pas de balise. Elle regarde dans les montagnes: pas de balise. Elle fait quelques km de plus: pas de balise. La nuit tombe.  Elle couche là.

Espérons qu’elle se rendra compte, en révisant ses calculs, qu’elle a visé 350 au lieu de 305 et qu’elle reviendra rapidement à la bonne position, après avoir perdu 80 points à cause de cette erreur !

Et moi j’ai perdu ma Cendrillon !

À ma connaissance, chose très rare, les équipes québécoises passeront la nuit chacune de leur bord.

Geneviève et Annie sont à la 6 bleue et ont probablement pour compagnie le gardien de balise. Voici la vue qu’elles auront au réveil sur les Monts Atlas, en regardant vers le nord-ouest.

Les Gazelles des Laurentides : tout simplement époustouflantes !

Elles sont entrées au bivouac à 16h40, avec un sans faute de 13 balises.
En arrière, aucune autre équipe n’a encore pointé la 12!
La plus grande performance à date dans ce Rallye, même si c’est moi qui le dit !

La nuit avait été terrible. Des vents violents, de la pluie diluvienne. Pas question de monter la tente ni d’allumer le réchaud. Adieu le repas gastronomique. Adieu le feu de camp! Espérons que les sièges du camion étaient inclinables !

Deuxième journée

Ce matin, elles ont détalé à vive allure et à 11 heures étaient déjà à la 10, loin en avant de tout le monde. Exactement comme Annie avait fait avec Geneviève Prévost dans le marathon Ihandar/Mhamid, en 2003. On les avait appelées « les Gazelles volantes » !

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La carte montre la position des équipes à 11h. On voit très bien l'avance de 132 et l'étalement des véhicules en arrière. Notons que le 146, au bivouac, n’est pas dans la course et que la position du 100, en haut, est probablement erratique.

Et là, souvenez-vous de ce que je vous disais de la vitesse, qui ne compte pas mais qui compte. Une tempête de sable terrible se lève ; tout le monde avance à pas de tortue. 132 met 2 heures à trouver la 11 et 3h à trouver les deux dernières balises, la dernière à 16h.  En arrière, ça ne bouge plus. Presque tout le monde coupe par une piste et rentre au bivouac. Seules quelques irréductibles demeurent sur le circuit. À 17h30, personne d’autre n’a encore pointé la 11.

Chez les québécoises, seule la 131 est sur le dernier circuit ; elles ont pointé la 11.

La 103 a fait une très belle reprise, après ses déboires d’hier. Elles ont remonté jusqu’à mi-chemin entre la 8 et la 9 et ont ensuite coupé à cause de la tempête.

La 119 a aussi coupé avant la 9. 132 prendra donc la tête des 4X4 québécois.

Les quads ont aussi fait un beau parcours et ont dû couper après de la 9. Elles menaient le palmarès canadien et peu de points les sépareront maintenant de la 132.

Adriana (158) a effectivement constaté son erreur hier soir et a rejoint le circuit à 8h. Mais après la 7, elle a encore une fois tenu un mauvais cap, qui l’a menée 25 km à l’est du circuit, où elle est encore, possiblement en Algérie.

J’ai écrit aux filles « Francine Plante m’a dit qu’elle vous avait vertement sermonnées dimanche pour avoir fait du Club Med dans les dunes. Il semble que le sermon ait fait effet. N’empêche que vous seriez aujourd’hui en tête de l’épreuve. Mais n’en parlons plus. »

J’ai aussi écrit à Geneviève Latour, qui aura 30 ans demain : « En principe, c’est demain que tu devrais franchir une étape importante de ta vie. Moi je pense que tu l’as franchie il y a une semaine, en prenant le départ de cette grande aventure ».

Les Gazelles des Laurentides reprennent la tête du classement canadien

Annie et Geneviève ont terminé la première étape marathon en 5e place, avec 79 points alors que les meneuses ont eu 45 points. Comme nous l’avions prévu hier, cette marque est suffisante pour rattraper et dépasser par 66 points les quadristes, qui avaient pris la tête avec leur sans faute de la 4e étape, dans les dunes et qui glissent au 2e rang, 450 points devant 119 K². Les ontariennes ont été la seule autre équipe canadienne dans la première moitié du classement.

 

Étape 6 : Mhamid/Foum-Zguid, 7 balises, 195 km, 19h50

L’étape la plus difficile du Rallye 2006. Peu de repères de navigation, beaucoup de sable dans la première demie.  La première balise est déjà dans les dunes et tout le monde doit y passer pour recevoir sa feuille de route.

Dans l’erg Chegaga,  2 balises dans le gros sable ( 4X et 5X, communes à tous les parcours ) ou, moyennant pénalité, des balises plus faciles.

À la sortie des dunes, la surface lisse du lac Iriqui, complètement asséché. Celles qui seront en avance pourront aller faire les deux dernières balises dans des reliefs plus marqués.  Et il faudra se dépêcher, car les balises ferment à 16 h demain, pour que toutes les Gazelles soient rentrées tôt et aient le temps de prendre leur douche avant le grand party traditionnel avec les sponsors (il y a peu de commanditaires  qui pourront participer) et les invités de marque.

La première journée s’est déroulée très lentement, à cause de la difficulté du terrain et de la tempête de sable qui a duré toute la journée.

100 L² : ont dû déclarer forfait ce matin  ; leur turbo est brisé et il n’y a pas de pièces de remplacement  ; elles sont rendues à Foum-Zguid.

102 et 132 : ont pointé la 3 et ont fait route ensemble vers la 4X qu’elles ont atteint juste après le coucher du soleil ; bravo les braves !  Il y a à peine une douzaine d’équipes qui ont réussi à se rendre à cette balise infernale aujourd’hui. J’entends d’ici les hurlements de joie du clan Vachon ! Elles bivouaquent avec les skieuses 135 ainsi que 112 et 22.

103 et 127 : ont pointé la 3 et ont installé leurs tentes entre la 3 et la 4, en compagnie du mannequin-vedette Adriana Karembeu et de Marie Menager, son agent et attachée de presse ainsi que les équipes 155 et 166.

101, 119 et 131 : se sont arrêtées à la 2 à 18h, probablement à cause de la tempête.

20 : a atteint la 4 hors-sable au coucher du soleil.

Site de l'oasis

Une qui n’aura pas eu un 30e anniversaire facile, c’est Geneviève Latour.  Avec sa sœur Karine, elles ont pointé la 1, sont revenues au bivouac, sont retournées au-delà de la 1, sont revenues en arrière, rédémarré à 14h, ont tenté d’atteindre la 2 par le nord et ont finalement abandonné à 16h.  Elles passent la nuit dans une jolie petite oasis sur le bord de la route au NE de la 4 ; les 107 et 124 ont partagé le gâteau d’anniversaire.

Au 2e jour, 102 et 132 sont sorties de l'erg Chegaga à midi.  132 avait pointé les deux dernières balises à 14h30 et 102 à 15h35, 25 minutes avant leur fermeture. Les deux seuls parcours sans faute, incluant ces terribles balises X, chez les québécoises. Nicole et Debra ont été accueillies au bivouac comme des reines. Elles seront à surveiller l'an prochain !

Le Clan Vachon a confirmé qu’ils avaient hurlé, hier soir, voyant l‘exploit que réalisait Nicole.  Ce soir, ils klaxonnaient dans les rues de Boucherville et de Montréal.

Geneviève et Annie Dumas et Debra Turpin et Nicole Vachon ont tenté le grand coup. D'ailleurs, ces dernières ont profité de l'expérience des deux soeurs, puisque dans les dunes, quelques équipes peuvent se suivre.

« Nous étions dans les dernières, donc on va monter au classement. Ça a été notre meilleure étape du rallye », affirme Debbie, contente d'avoir fait les dunes les plus dures.

Annie était fière de Geneviève. « Elle a appris en une journée ce que des équipes mettent trois ans à apprendre. »
( Manon Gilbert, Radio-Canada, 27 avril, extraits )

 100 et 104 étaient hors classement, la dernière pour n’avoir pas pointé la 2 avant la fin de la première journée.

101 avait pointé la 4 à 11h puis rencontré 131 près de la 5 ; ils ont mis jusqu’à 16h à s’en sortir et atteint le bivouac à 19h30.

103 et 127, en compagnie de 158, ont réussi de peine et de misère à pointer la 5X et ne sont sorties des dunes, avec quelques autres équipes, qu’à 17h.  Elles sont rentrées au bivouac à 20 heures.

119 ont beaucoup jardiné autour de la 5 et ont quitté à 13h30.

Après une vilaine chute de Renée-Claude, les quads 20 ont délaissé la 4X, fait la 5X et complété le circuit à 15h40.

En arrivant au bivouac, chaque équipe était accueillie dans une haie d’honneur de véhicules et un concert assourdissant de klaxons.  Et quand le dernier peloton de 8 véhicules est arrivé à 20h avec la super-vedette Adriana Karembeu,  cette dernière a eu l’élégance d’attendre en arrière pour ne pas voler aux autres leur moment de gloire… et peut-être aussi pour refaire un peu son maquillage.

 

Classement final

« Les sœurs Annie et Geneviève Dumas, l’équipage vedette de l’escadron québécois au 16e Rallye des Gazelles, ont terminé en lionnes la sixième et dernière étape de la course avec une deuxième position. Elles ont enregistré seulement 39 ( on aurait dû lire : 0,39 points ) de pénalité de plus que les Françaises Corentine Quiniou et Florence Bourgnon, les championnes du Rallye » ( Monelle Saindon, Le Journal de Montréal, samedi 29 avril 2006 )

Elles terminent avec 929 points, 14e au classement général et dominent de loin tous les autres 4X4 canadiens, pour remporter le Challenge Sofitel Montréal. Voir les tableaux de classement.

Nicole Vachon et Debra Turpin (102) ont aussi fait un parcours parfait à cette dernière étape et montent au 7e rang du palmarès canadien. Renée-Claude Lafontaine et Doryne Bourque (20) sont 2e et Karla Mejia-Duval et Karine Désormeaux (119) 3e chez les canadiennes.

Les grandes gagnantes sont les françaises Florentine Quiniou et Florence Bourgnon. Elles avaient eu la médaille d’argent l’an dernier, derrière les québécoises Brigitte Saucier et Annie Lapointe. Elles ont remporté 4 des 6 étapes cette année.

La médaille d’argent va à l’équipe 135. Je m’excuse, j’avais oublié de faire les présentations aux Vachon, l’autre soir, quand 102 et 132 ont bivouaqué avec 135. Ce sont les grandes championnes françaises de ski Mélanie Suchet et Carole Montillet ; c’est cette dernière qu’on a vue et revue faire cette chute spectaculaire en skis aux jeux de Turin et qu’on a ramassée à la petite cuiller dans les clôtures. Louise Bergeron et  Claudine Douville avaient tout fait pour les battre en quads en 2004 et 2005 et avaient dû concéder. « Les skieuses sont très fortes ».

Et la médaille de bronze me fait réellement plaisir. Syndyély Wade a fait honneur à son président de père et au Sénégal tout entier en remportant ce podium, qui est pour eux un grand motif de fierté nationale. Les tams-tams et les balafons ont retenti à Tambacounda et dans tous le pays. Et dans la brousse, les griots chanteront longtemps, au son de la kora, les exploits de Syndiély.

Et vous me direz « Mais pardieu, sire Gazou-gazette, qu’advint-il de cette belge damezelle dont vous nous narrates naguère les malheureux Tatonnages? ». Après leurs déboires des trois premières étapes, Julie et l’autre Nancy Sinatra sont retournées en Belgique, se disant que la vie de star était bien triste lorsqu’elle vous faisait faire des choses qui ne sont absolument pas votre tasse de thé... à la menthe.

Les autres étaient trop fortes

« Pa, Il y a des professionnelles sur le circuit (Gagnantes du Paris Dakar et autres)
alors pour le classement, on verra... »

Bien sûr que je les avais vues courir, ces professionnelles, avec une précision foudroyante. Après 3 étapes sans faute, 132 n’avaient pas mieux qu'une 11e place au classement général. J’avais essayé de les motiver, mais je n'avais pas dû paraître très convainquant.

Alors Geneviève et Annie se sont concentrées sur leur plaisir. Elles ont procuré une journée inoubliable à 6 équipes québécoises dans l’erg Chebbi. Elles ont pris 716 points. Elles auraient très bien pu filer seules et faire les 5 balises, les mains dans le dos, comme 24 équipes l’ont fait.  Supposons-les en 15e position : 34 points, 682 de moins.

Puis elles ont surfé la première étape marathon, se payant le luxe, du jamais vu, de terminer un gros trois heures avant toutes les autres. Puis, au second marathon, elles ont accompagné Nicole et Debra (102) dans l’erg Chegaga, dans leur quête de l’impossible. Pour ensuite enfiler les dernières balises et terminer à 0,39 point dernière les meilleures.

Oui, les autres étaient très fortes…

Mais Geneviève et Annie étaient encore plus fortes

En effet, redonnez-leur les 682 points qu’elles ont concédé à Merzouga : elles terminent avec 247 au lieu de 929, médaille de bronze, 41 points devant Syndiély Wade.

Maintenant, nous savons qu’elles étaient très fortes.

Et elles le savent aussi.

Et ça leur suffit !

Et elles ont eu tellement plus de plaisir.

Et les autres québécoises en ont eu tellement plus aussi.

Félicitations, mes filles.  Je suis très fier de vous.

Et vos parents, Élaine et Pierre, se souviendront longtemps, avec émotion, de ce merveilleux voyage qu’ils ont fait avec vous, pendant près d’un mois.

Le grand party du Rallye Aïcha des Gazelles

Le dernier jour du Rallye, les Gazelles ont pu lâcher leur fou. Et pourquoi ne le ferais-je pas moi-même, qui suis resté si politiquement correct durant toute cette série de chroniques.  Puisque Mikaëlle Jean elle-même se le permet…

Et je vous raconte, comme je l’imagine, ce Party du 27 avril, au bivouac :

Quel party, mes amis !  Les VIP ont débarqué et les médias se bousculaient.  Tout le gratin des constructeurs, des sponsors et de l’administration marocaine était sur place. 

Il y avait aussi des délégations des peuples invisibles du désert : Bédouins, Berbères, Mandingues, Maures, Peuls, Touaregs.  Invisibles, car on ne les voit nulle part.  Sauf que, au moment où une gazelle se penche pour arroser le sable, il en sort un de derrière une dune, et toujours du mauvais côté (pour la gazelle  !) du véhicule.

Il y a même quelques Gazelles qui ont réussi à entrer.

Au début de la soirée, les Gazelles québécoises avaient de la difficulté à comprendre ce qui se passait exactement, puisque la langue officielle parlée par la majorité était « l’anglais de France », c’est à dire en utilisant surtout des termes anglais, prononcés très pointus et en remplaçant les « th » par des « zee ».  Elles avaient déjà du mal à comprendre l’ancien « français de France » et souvent, paradoxalement, ce sont les ontariennes Susan et Christina qui servaient d’interprète entre les deux cultures.

Halana, grand producteur de vin marocain, est un partenaire officiel du Rallye et ses produits coulaient à flots ; les québécoises ont aussi et surtout apprécié un nouveau partenaire, Bouvet Brut, produit par Bouvet Ladubay, premier exportateur de saumur brut ; bouche très plaisante d’arômes floraux, brut sans agressivité, grande finesse ;  Médaille d’argent, sélection mondiale SAQ, 1998.  Si t’en prends trop, bonhomme, le lendemain, tu capes sur le mauvais parcours! Au bout d’une heure, les québécoises parlaient franglais et les françaises essayaient d’imiter leur petit accent vieille terre .  « Il est fulle super-coule, votre accent ».

Mais la soirée a manqué de piquant jusqu’au moment où les québécoises ont sorti leurs ceintures fléchées pour faire un tour de chant de leurs plus grands succès :

« Le moujik fait le tour du je-bel-le, le je-bel fait le tour du moujik »

« En re-e-venant de M’Hamid,
ka-klic, ka-klac pis ôtes tes claques,
un souk, un ksar, un chèche, une tajine, un jbel, un erg, un reg, un oued, hi-ho.
En re-e-venant de M’hamid »

« Il était une berbère, et ro-ro-ro petit patapo,
il était une berbère, qui gardait ses chameaux mo-mo,
qui gardait ses chameaux »

« Prendre une tasse de thé mon mhinou »

« Au clair de la dune »

« A-ga-dir, dir dir, passe l’Halana et verse le thé,
A-ga-dir, dir dir, passe l’Halana et verse le thé,
tape la menthe, tape la datte, passe l’Halana et verse le thé »

et en grande finale :

« Nous irons à Merzouga, en tits bas,
nous irons à Marrakech avec nos chèches,
nous irons à Tombouctou en boubous,
et nous irons à Nouakchott en tites culottes.
Voilà, voilà, not’ beau voyage, not’beau voyage,
voilà, voilà, not’beau voyage dans l’Sahara
 »

Puis, avec Sonia à la ruine-babine, Line au violon et les sœurs Latour qui tapaient du pied,  Nicole Vachon a callé un set carré et elle a montré aux ontariennes à danser la gigue.  Elle a par la suite failli créer un incident diplomatique lorsqu’elle a dit à un grand invisible qui lui tournait autour : «Mais t'es complète Mandingue, t’as même pas de Peul au menton.  Va te faire cheicher le nombril.  Plus Maure que çà, tu meurs ».

Les québécoises ont ensuite chanté « C’est à votre tour, Annie, Geneviève » jusqu’au milieu de la nuit et il a fallu l’intervention de la police berbère pour ramener le calme dans le bivouac…

 

Essaouira

Vendredi, les Gazelles se sont déplacées vers Essaouira pour la remise des prix et le grand gala de clôture.

Un périple de 500 km via Agadir, pour contourner le Haut Atlas.

  

Trajet,  de Foum Zguid à Essaouira

 

Épilogue

Oui,  elles ont relevé le défi... mais l'appel du désert se fera-t-il entendre à nouveau ?

 

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